jeudi 15 décembre 2011

Musée d'Orsay, le flâneur

Le musée d'Orsay a changé sa peau récemment ; on peut découvrir un nouvel espace pour les peintures impressionnistes au cinquième étage ; un autre pour le naturalisme près de la zone impressionniste ainsi qu'une refonte du département des Arts décoratifs. D'une part, les tableaux sont maintenant accrochés sur des nouveaux fonds colorés, du rouge bordeaux au gris anthracite cf. photo Olympia ; les nouvelles couleurs pastel ainsi que la matière sylvicole de certains murs offrent un accueil beaucoup plus chaleureux et convivial que le très froid blanc conventionnel.

Le changement n'est pas radical, certaines parties du musée restent inchangées ; en particulier la pièce centrale du musée où est réunie les sculptures et les quelques pièces latérales contenant généralement des peintures d'un peintre unique (Manet, Bouguereau, Degas ... etc) et non pas d'un style artistique. L'attitude globale d'un visiteur est de voir le maximum de pièces et en particulier, de filer rapidement vers la zone impressionniste. Aidés par les pass annuels, j'ai développé un nouveau moyen d'approche : la tactique flâneur.

Pour le parfait flâneur, pour l'observateur passionné, c'est une immense jouissance que d'élire domicile dans le nombre, dans l'ondoyant, dans le mouvement, dans le fugitif et l'infini. Être hors de chez soi, et pourtant se sentir partout chez soi ; voir le monde, être au centre du monde et rester caché au monde 
Texte sublime de Baudelaire qui rend compte avec précision ce qu'on peut ressentir pour 15€ seulement. Le fait de pouvoir rentrer dans un musée comme on rentre chez soi, nous donne un sentiment de puissance et de pouvoir futiles sur tout le monde autour de nous ; nous n'allons pas au musée mais le musée est rentré chez nous. Dans une foule immense de touristes du monde entier, je me sens étrangement comme chez moi ; je connais les recoins et les pièces du musée. Je ne vais pas voir une exposition, je vais voir les tableaux qui m'appartiennent car je sais où elles se trouvent ; je vais droit devant ; je connais déjà le chemin et je n'ai plus qu'à tracer la ligne qui nous sépare ; pourtant je ne suis pas exactement mon projet ; je picore à droite à gauche ; je m'enlise à certains endroits puis glisse vers des contrées éloignées ; je me sens doté d'une connaissance supérieure au reste des visiteurs. Je suis au centre du monde ! Pourtant personne ne se doute de cela autour de moi ! Baudelaire a si bien capté ce sentiment ! Et je vous invite à lire son texte en entier, c'est assez court : http://fr.wikipedia.org/wiki/Fl%C3%A2neur.

Henri Fantin-Latour, Portrait de Manet, 1867

Et quel est le meilleur représentant du flâneur ? Mon peintre préféré ! Le Manet !

Alors en tant que flâneur, on ne sait pas trop ce qui nous attend. On peut s'arrêter en chemin, regarder et faire attention à des choses qu'on ne regarderai pas avec attention. Dans un prochain billet, je vous exposerai quelque uns de mes tableaux préférés de Manet.

2 commentaires:

Hadash a dit…

Je préfère pour ma part les tableaux de Manet à son portrait.

Pix a dit…

Il faut faire attention car les images sur internet n'apparaissent pas avec les couleurs qu'on peut voir en vrai. Le portrait de Manet par Fantin Latour est très réussi et pas aussi sombre que l'on voit ici.