mercredi 21 mars 2012

Chez Dash et pix




Je redéménage !!
Cette fois-ci, ce sera un blog participatif à quatre mains ! tout le monde pourra poster un article avec autorisation mais la plupart des articles seront écrit par moi et Dash ! 
Fussssssssionnnnnnnnnnnnn
Voici l’adresse du blog 
Nous prévoyons un à deux articles par semaine pour commencer. Suivez-nous !

samedi 17 mars 2012

Wordpress

Quelques nouvelles du blog,

J'ai installé une petite cabane chez wordpress qui deviendra peut-être la résidence principale du blog. Le temps de l'essai avant la migration complète ?

Voici l'adresse : http://chezpix.wordpress.com

mardi 13 mars 2012

La Tour Sombre-1, le pistolero


Stephen King , 1982.

 L'homme en noir fuyait à travers le désert, et le pistolero 
le poursuivait.

On connaît Stephen King pour Shining, pour Carrie ou pour le clown déjanté qui a fait peur à nombre d'entre nous lorsque l'on était enfant. Pour certains, Stephen King est le digne successeur de Lovecraft ; il est l'auteur de livres d'horreur fantastique à ne pas louper de la fin du XXe siècle ; et pour d'autres il est aussi le scénariste de bon nombre de film à caractère plus ou moins douteux. Quoi  qu'il soit, le seul roman que j'ai lu est Dreamcatcher et je n'ai absolument pas réussi à l'apprécier. J'ai donc retenté une nouvelle, et peut-être dernière tentative, lecture d'un de ses livres en prenant soin de choisir une de ses oeuvres les plus adulées, qui étrangement diffère du caractère horrifique caractéristique de l'auteur : la Tour Sombre. A tort ou à raison ? Nous allons le voir dans le premier tome de la série : Le Pistolero en version française.

L'écriture du cycle de la Tour Sombre s'étale sur des dizaine d'années. Cela commence comme bon nombre d'auteur fantastique dans les années 1970 par la lecture du Seigneur des Anneaux de Tolkien. King comme bon nombre d'auteur de cette époque fut influencé par le linguiste et décida de créer sa propre épopée à 19 ans. Il commença le cycle au début de sa carrière et ne le finira qu'au début du XXIe siècle. Ce sera surement un cycle qui aura marqué l'auteur tout au long de sa vie. King le décrit comme un mélange entre le Seigneur des Anneaux et un monde western spaghetti à la Sergio Leone tout en ayant des connexions avec le monde actuel... un vrai foutoir qui commence par le pistolero.


Dans un monde post-apocalyptique de far-west américain, Roland de Gilead poursuit sans répit l'Homme en Noir. Il fait partie des pistolero, une caste de tireurs d'élite censée faire régner l'ordre et la justice. Mais les temps ont changé, il est le dernier des pistolero ; ses camarades et maîtres sont tous morts il y a bien longtemps. Il ne reste d'eux que les souvenirs de son enfance et les cicatrices du passé. A travers un désert asséchant et un village menaçant, il poursuit un homme dont on ne sait que peu de choses. Certains disent que c'est un magicien, d'autres un faiseur de miracle mais la seule chose qu'on sait à coup sûr, c'est que le pistolero le poursuit afin de le tuer. L'Homme en Noir est la quête. Il fuit Roland en semant les graines de la discorde, créant le chaos dans le coeur des hommes, nuisant à la traque de Roland. Mais il ne veut pas le distancer, il laisse consciencieusement les traces de son passage. Roland sait qu'il l'attend. Mais la ville, l'église, le désert et l'homme en Noir ne sont que des étapes vers la Tour Sombre.

Livre assez mystérieux, j'avoue que je suis pas un habitué des monde far west fantastique, mais après les trois premières pages, on s'y fait à ce décor étrange, ébranlé par un monde cassé et détruit par l'inconnu. Le livre ne répond à aucune question ; il pose l'univers du pistolero à travers des flashback de son enfance et les localités visitées. La réussite de King est d'avoir su dans ce livre créer une atmosphère étrange d'apocalypse, un monde peuplé d'humains faibles d'esprit, se laissant aux pulsions primaires qui les gouvernent ; les personnages principaux sont intéressants et les secondaires le sont tout autant. C'est une très bonne découverte d'un auteur dont je n'attendais pas vraiment grand chose. Il est dommage que les livres du cycle ne soient pas constants, j'ai lu le Tome 2 et il est moyennement bon.

4/5

Source des images :
Photo 1 :  www.latoursombre.com
Photo 2 : Averain

dimanche 26 février 2012

Ingrédient : Poivre Cubèbe

Cubèbe

Il existe plusieurs types de poivre mais on n'utilise quasi exclusivement que le poivre noir, Piper Nigrum. Phylogénétiquement, il n'existe que trois espèces de poivre utilisées dans l'alimentation : le poivre noir, le cubèbe ici présent et le poivre long. Le blanc, rouge, vert et cie ne sont que différents stade de maturité du poivre noir. Les autres dénominations comme le poivre de Sichuan font partie d'une autre espèce dont le goût rappelle plus ou moins le poivre noir.

Donc voici le poivre cubèbe ou poivre à queue à cause du pédoncule accroché au fruit. Il a un goût plus doux, moins puissant mais dispose d'une note citronnée et mentholée. Utilisé au Moyen-Age, il a été interdit pour promouvoir le monopole du poivre noir. Il dispose d'une certaine amertume, il vaut mieux l'utiliser concassé ou moulu. Essayez donc de remplacer le poivre noir par le cubèbe dans les viandes !

Voici une recette exclusive de mon cru !

Spaghetti de poulet à la crème et au fenouil, au poivre à queue. (J'ai inventé le nom rien que pour vous).

Ingrédients pour deux personnes:


Pâtes, par exemple tagliatelles.
1/2 fenouil
1/4 oignon
1 petit filet de blanc de poulet
Sauce Worcestershire
1 gousse d'ail
Thym
Citron
2 grosse cuillère à soupe de Mascarpone
1 grosse cuillère à soupe de Crème fraîche (c'est mon côté normand)
6-7 grains de poivre cubèbe (moins pour les petits joueurs, plus pour les chevaliers)
2-3 grains de poivre noir entier
Sel et Poivre (Noir :) )
Huile d'olive

- Faites cuire vos pâtes dans de l'eau bouillante additionnée de gros sel et d'un filet d'huile d'olive.

- Prenez le poivre noir et le cubèbe, grillez à sec (dans une poêle bien chaude sans rien) et concassez les dans un mortier. Si vous n'avez pas de mortier, faites le à la mignonnette en l'écrasant entre une casserole et une planche à découper (BAAAM ! et voilà).  

- Pendant ce temps, préparez le fenouil en enlevant les parties ligneuses. Émincez le fenouil, l'oignon et le filet de poulet. Salez et mettre la moitié du mélange de poivre sur le poulet.

- Faites revenir le poulet dans du beurre dans une poêle bien chaude, puis mettre la crème fraîche et la mascarpone jusqu'à ce que ça soit cuit. A la fin de la cuisson réservez. Puis faites revenir le fenouil, l'oignon et l'ail dans du beurre. Commencez par l'oignon, le fenouil doit être croquant et réservez à part.

- Lorsque les pâtes sont presque al dente, retirez et faites les revenir dans de l'huile d'olive additionnée préalablement de thym dans une poêle bien chaude pour terminer la cuisson (ne pas rincer). Faites revenir à feu vif tout en remuant, puis ajoutez la viande, les légumes et 5-6 gouttes de sauce Worcestershire, un filet de citron selon votre goût et un filet d'eau de cuisson des pâtes (pour lier la sauce). Mélangez, le temps que la sauce réduise puis mettre le reste du poivre et servez aussitôt.

Voici une variante avec du jambon et sans crème.

Variantes :
- Du jambon à la place du poulet ou de la coppa italienne pour faire type carbonara normande. Et encore mieux: du saumon fumé et de l'Aneth.
- Pour les vrais champions, du piment. Un filet d'huile très pimenté.
- Pour ceux qui ont foiré la cuisson du fenouil, ajoutez des croûtons pour le croquant.
- A tester: du vinaigre de Xérès à la place du citron pour la touche aigre et du céleri à la place du fenouil.

Bon' Ap'

Précédent article culinaire : La Moelle

mardi 21 février 2012

Ingrédient : La moelle


Histoire de vous faire patienter sur le billet d'Aleksi Gallen kallela, je vous présente un de mes produits préférés : La Substantifique Moelle comme dirait notre ami Rabelais.


A défaut de vous proposer une analyse approfondie des recueils d'Apicius, du Viandier de Taillevent ou du guide culinaire d'Escoffier; je vous fais partager un produit fétiche. Celui utilisé sur la photo (bien moche désolé) a été cuite dans un pot au feu.

Donc voici une utilisation classique de l'os à moelle :

Ingrédient pour une personne [1]:

Un ou deux os à Moelle
Du bon pain
Fleur de sel
Poivre noir

Dans un pot au feu classique [2], mettez vos os à moelle environ 45 minutes à une heure avant la fin de cuisson, ensuite dégustez sur une tranche de pain grillée ou bien rustique accompagnée de fleur de sel. Miam. Oui, je ne me foule pas aujourd'hui. Ne laissez pas la moelle cuire trop longtemps ni à grand bouillon sinon elle va s'enfuir et s'émietter pour s'auto-détruire dans votre préparation. Une cuisson trop courte et vous perdrez tout le fondant qui pourra s'écouler dans votre bouche (Je dis ça mais je n'en sais rien, vu que je réalise toujours une cuisson parfaite, la classe).

Une autre recette est d'utiliser la moelle dans une sauce au vin rouge, bordelaise/marchand de vin et cie. Vous ajoutez votre moelle cuite et dégorgée à votre sauce, et fouettez avec un peu de beurre. Ne mettez pas trop de moelle sinon ça donne un goût trop prononcé.

Ensuite vous avez le droit et le devoir de faire fonctionner votre propre moelle et d'aller faire 4 heures de sport ou le cas échéant, à cause de votre ventre bedonnant, d'aller suivre au moins 2 heures de conférence sur le développement durable ou 1 minute de lavage de cerveau de style Vegan [3].

Prochain ingrédient que je vais partager, le Cubèbe, un poivre pas classique !

[1]  Oui c'est le genre d'ingrédients qui ne se partage pas, le plaisir unique, la masturbation en solitaire, pas de bataille, tout pour soi ! Réservez les pâtes pour vos potes, gardez tout pour vous.

[2] Je vous indiquerai ma recette plus tard, celle que j'ai utilisée sur la photo est moins classique car j'utilise un peu de vin rouge, de la sauce tomate et de la farine en plus des ingrédients usuels.

[3] Avec cette simple remarque, je prends le risque de me faire agresser par des Peace&Love en colère. Mais en tant que journaliste (comme les rigolos à la télé), j'ai le devoir de vous informer. Adieu les amis !

mardi 31 janvier 2012

Spin

Spin


Roman Science Fiction
Robert Charles Wilson


Spin est un roman de Robert Charles Wilson, publié en 2007 en France. Il obtint le prix Hugo en 2006 et le Grand prix de l'Imaginaire en 2008.

Synopsis
Dans un futur proche, un évènement soudain coupe la Terre du reste de l'univers ; une enveloppe artificielle et opaque entoure notre planète d'une barrière aux propriétés particulières. Ce phénomène appelé Spin stupéfie la population terrienne provoquant interrogations et angoisses envers un avenir incertain. On suit principalement Tyler Dupree ainsi que ses deux amis d'enfance, Diane et Jason Lawton, dans une course pour la compréhension du Spin et de la survie de l'humanité face à la croissante dégénérescence du bon vieux Soleil ...

Dans ce livre, on accompagne les tribulations de héros mais ce n'est pas un livre d'aventure. On assiste à des découvertes scientifiques sur les propriétés du Spin mais ce n'est pas un livre de science fiction classique. C'est pour moi un livre sur les relations humaines, sur l'identité de soi, sur les rapports les uns aux autres dans un contexte de science-fiction prégnante ; c'est l'histoire d'une grande aventure humaine sur une Terre éloignée dans le temps si mais proche technologiquement et sociologiquement qu'on ne pourrait le distinguer de notre monde actuel. Et c'est dans ce monde qu'un jour apparaît le Spin, une membrane séparant métaphysiquement la terre du reste de l'univers ; une membrane perméable qui ne change pratiquement rien aux propriétés physiques terrestres ; les hommes restent des hommes et la technologie n'y est pas modifiée ; seules les étoiles demeurent invisibles pendant qu'un soleil artificiel et virtuel, indistinguable de celui de notre monde, éclaire toute la planète. Pourtant les protagonistes et les hommes vont entamer une quête du soi ; luttant pour avancer et continuer dans un monde où l'ambiance a l'air de tendre inexorablement vers l'apocalypse sans le rencontrer ni l'atteindre. Le Spin a créée une "fausse" séparation entre les coeurs des hommes, comme entre la Terre et l'espace, engendrant un certain état dépressif ; les hommes, au lieu de regarder les étoiles, se sont observés entre eux et en eux ; ils y ont vu la Mélancolie, oui ce livre est pour moi un roman sur la Mélancolie du Futur [1].

La diégèse est portée principalement par le héros Tyler Dupree, se trouvant dans le présent en 4x10^9 ap. J.-C., soit quelques années sur Terre après le Spin, Tyler étrangement malade raconte et se remémore une partie de son passé, ses souvenirs avec Diane et ceux avec Jason. Enfant, il réside dans la résidence d' E.D. Lawton, ami de son défunt père, riche et puissant industriel qui jouera un rôle important, par son lobbying, dans les décisions du pays après le Spin. Sa mère est domestique chez les Lawton ; ils vivent dans une petite maison près de la Grande maison et Tyler joue souvent avec les deux enfants et ces amitiés d'enfance créeront un lien qui durera jusqu'à la fin. L'enfance décrite n'est pas fleur bleue, c'est une histoire comme les autres dans une ambiance à l'atmosphère sereine jusqu'à la séparation. Le Spin va masquer le soleil, cacher les étoiles et faire tomber les satellites au delà de l'orbite du Spin. Cette apparition marquera la première séparation entre la Terre et l'Univers ; mais cette disjonction n'est pas que physique ; l'autre d'importance similaire sera plus affective, Tyler en grandissant va poursuivre son chemin alors que Jason et Diane vont suivre les leurs ; une séparation entre un passé bienveillant et sécurisé et un futur chancelant et angoissant ; le début de la mélancolie. C'est dans un contexte d'épopée scientifique que se développe l'épopée familiale tout aussi importante.

Couverture folio SF
Le spin
Ce livre soulèvera beaucoup d'interrogations du lecteur comme des héros : Qu'est ce que le Spin ? D'où vient-il ? Pourquoi est-il présent ? On apprend que c'est une membrane perméable et opaque protégeant, séparant et coupant la Terre du reste de l'univers par le temps et non l'espace. On peut envoyer des satellites vers l'extérieur mais ils reviennent quasi instantanément hors d'usage, consumés par l'âge. En effet, le temps s'écoule différemment lorsqu'on est à l'extérieur du Spin ; il avance beaucoup plus rapidement qu'à l'intérieur ; ce différentiel temporel est si important qu'un évènement majeur va précipiter les choses sur Terre ; le soleil vieillit beaucoup trop rapidement et son atmosphère commence à grossir jusqu'à que son manteau ardent menace d'envelopper la Terre. Le spin peut avoir plusieurs significations ;  en anglais spin peut correspondre à l'effet de rotation d'un objet ou à la propriété quantique d'une particule. Lors d'un évènement qui mettra à défaut le spin, une fugace transparence laisse entrapercevoir les traînées des étoiles, dûes au différentiel de temps, sur la voûte céleste ; les étoiles n'étant pas statiques expliquant le phénomène. Ce différentiel temporel peut s'expliquer par la relativité générale où la vitesse de rotation de la terre doit s'approcher celle de la lumière. Le spin caractérise aussi une propriété intrinsèque aux particules, ici celui-ci va s'appliquer à la Terre et aux hommes. Propriété quantique gouvernée par le principe d'incertitude d'Heisenberg [2] : Où sommes-nous ? Quel est l'avenir de l'humanité ? Les hommes sont face à une épée de Damoclès invisible et doivent s'organiser et faire des choix.

Civilisation
Jason, génie de père en fils, va poursuivre son chemin vers la compréhension scientifique du phénomène. Il rejoindra grâce à son père le groupe de scientifiques à Périhélie chargé d'une expérience de grande échelle. Tyler ira faire des études de médecine payées gracieusement par les Lawton alors que Diane se perdra dans une de ces nombreuses sectes post-Spin qui ont pullulé sur la Terre. Les relations entre les différents personnages s'articulent convenablement autour du récit ; l'histoire de l'amour refoulée entre Diane et Tyler est distillée à travers la narration qui permet de ressentir l'état de déconstruction de la civilisation à plusieurs laps de temps après le Spin. On y voit des personnes désenchantées, des sectes extrémistes mais l'apocalypse n'y est pas présent ; certains endroits sont encore des paradis, où on peut y vivre tranquillement mais une certaine mélodie trotte dans la tête, une certaine mélancolie d'un passé révolu.

Périhélie (Spoiler lire [3])
Grâce au différentiel de temps, une expérience de grande échelle a été initiée par Jason : celui de terraformer Mars pour y implanter la vie. En effet, sous le Spin, on peut observer le changement d'atmosphère, le développement d'espèces végétales à une vitesse accélérée ; et donc il est permis de voir la fin de la terraformation bien avant la fin d'une génération. L'expérience de Périhélie sera une des nombreuses tentatives de porte de sortie que les humains essaieront pour sortir de la réalité du Spin.

Conclusion
C'est un des livres que j'ai eu plaisir à lire. Je suis fan du genre épopée scientifique à travers le temps où on décrit la dimension humaine et sociologique d'une part, et la dimension scientifique et technologique d'autre part. A l'instar de ce livre, je ne peux que vous conseiller un des auteurs de la vieille génération ; Robert A. Heinlein où dans Histoire du futur et dans lequel par l'intermédiaire de plusieurs nouvelles sans liens apparent, il décrit l'histoire de la conquête de la lune puis de l'espace par l'humanité, tout en contextualisant la dimension sociologique des évolutions technologiques. Les prix écrits sur le bordereau rouge m'ont attiré l'oeil et je n'en sors pas déçu. Bien que les romans sont écrits sous une forme de Trilogie, je ne m'attendais pas à la fin du roman l'idée d'une suite. La fin, bien qu'ouverte, s'articule bien comme fin générale. Le seul bémol que je peux émettre est représenté par les passages post-martiens sur la renaissance que je trouve plutôt moins bien rendus. C'est pourquoi, je n'attends pas de lire le livre suivant, Axis, avec impatience mais j'irai quand même le lire un jour avec un très grand plaisir.

Subjectivement 4.5/5

[1] Mélancolie du futur http://www.cafardcosmique.com/La-Melancolie-du-Futur
[2] On ne peut connaître précisément la vitesse et la position d'une particule en même temps
[3] Ce paragraphe livre quelques passages clés sans révéler la majeure partie du livre








samedi 14 janvier 2012

Talk To the Snail

Talk to the Snail

image Amazon


Un guide pour visiter la France en tant que touriste, par Stephen Clarke, un auteur britannique célèbre pour ses livres humoristiques sur les français.

thou shalt be wrong
thou shalt not work
thou shalt eat
thou shalt be ill
thou shalt speak french
thou shalt not sing
thou shalt not know
thou shalt not love thy neighbour
thou shalt not be served
thou shalt be polite
thou shalt say 'I love you'

Voici les chapitres que vous trouverez dans le livre. Des commandements pour toute personne non française visitant ou vivant en France. Condensé de clichés et de lieux communs qui pourtant dans la plupart des cas sont proches de la réalité. Le livre est servi avec un bon humour ; à la fin de chaque chapitre un guide vous permettra de prononcer des phrases toutes faites en français avec un patron de prononciation en anglais : Vouvou pr'nay porky ? (Vous vous prenez pour qui ?) Pas vraiment rigolo les mots utilisés reflètent tellement bien la prononciation des anglophones, en particulier un américain que je connais où le simple fait de penser au "porky" est associé à une image où il prononce nonchalamment cette phrase. Le livre est plutôt inégal, si on est plié en deux sur certains chapitres, d'autres vous laissent de marbre ; l'auteur perd parfois de son mordant humoristique pour une admiration un peu platonique.

Au final, le livre ne plaira pas à tout le monde mais il est intéressant de le lire ou de se le faire prêter ... en anglais bien entendu.

3/5

samedi 24 décembre 2011

L'Anneau Monde

L'Anneau Monde de Larry Niven est le premier tome d'une petite saga de science-fiction, qui reçut le prix Hugo en 1971.

Couverture
Louis Gridley Wu arrive à son deux centième anniversaire, ancien baroudeur et aventurier, il s’ennuie ferme sur la planète Terre. L'avantage technologique qui permet d'aller n'importe où en un instant, grâce à une cabine téléphonique, s'est retourné en une homogénéisation culturelle où tout le monde fait la même chose partout dans le monde. Pendant cette vie uniforme, il reçoit la visite d'un marionnettiste, un individu d'une race extraterrestre considérée comme disparue, celui-ci lui demande de participer à une expédition vers les mondes extérieures des limites connues humaines. Louis et Nessus le marionnettiste seront accompagnés d'une terrienne, Teela Brown, et d'un représentant d'une autre race extraterrestre plutôt agressive : les Kzins. Ensemble, ils vont visiter un objet dont les dimensions colossales feront trembler même les marionnettistes, qui sont la race la plus évoluée de l'univers connu.


Le livre, bien qu'il ait reçu le prix Hugo n'est pas le meilleur d'un point de vue scénaristique, ni d'un point de vue littéraire. La quête part vite à une exploration des plus banales, soutenue par un style pas vraiment convaincant. Malgré ces défauts, le livre est très intéressant à lire car il apporte pas mal de nouvelles idées de technologie et de sociologie de science-fiction.


Dans un premier temps, l'objet colossale fait penser aux travaux de Freeman Dyson qui s'intéressa pendant les années trente à trouver le moyen optimal de collecter l'énergie solaire. Il imagina une méga-structure connue sous le nom de sphère de Dyson permettant de collecter toute l'énergie de l'étoile ; cette sphère recouvrant la totalité du Soleil à une distance optimale de sa surface. Une version plus "réaliste" peut-être représentée par un anneau au lieu d'une sphère, ce qui est le cas de notre livre. Cette structure colossale fait rentrer le roman dans le genre BDO pour "Big Dump Object" : 2.10^30 grammes, 1250 km/s, rayon = 1UA = 1.54 x 10^8 km, superficie = 1.6.10^15 km soit trois millions de fois la superficie de la terre ... De quoi être complètement abasourdi par la dimension de l'anneau.

Une autre idée intéressante est génétique : attention spoiler du début du livre ! Une des membres de l'équipage a été choisi à cause de sa chance. A cause de la surpopulation, le nombre d'enfants est limité. Pour pouvoir procréer, un des moyens possible est de gagner à la loterie ! Et au bout de plusieurs générations, une famille, un groupe d'individus seront avantagés par hérédité à cause de la loterie (du moment qu'on accepte que la chance est génétique) d'où la présence de Teela dans l'équipage. Cette particularité entraîne des situations plutôt intéressantes que l'auteur utilise avec un peu trop de parcimonie.

Au final, nous avons un livre avec beaucoup d'atouts venant de l'imagination de l'auteur. L'histoire des différentes races, la chronologie des évènements et la dimension post-apocalyptique de civilisations disparues nous offrent un univers intéressant; il est dommage que l'auteur n'arrive pas à en tirer toute la substance à cause d'un scénario peu développé et d'un style trop léger.

3/5

jeudi 15 décembre 2011

Musée d'Orsay, le flâneur

Le musée d'Orsay a changé sa peau récemment ; on peut découvrir un nouvel espace pour les peintures impressionnistes au cinquième étage ; un autre pour le naturalisme près de la zone impressionniste ainsi qu'une refonte du département des Arts décoratifs. D'une part, les tableaux sont maintenant accrochés sur des nouveaux fonds colorés, du rouge bordeaux au gris anthracite cf. photo Olympia ; les nouvelles couleurs pastel ainsi que la matière sylvicole de certains murs offrent un accueil beaucoup plus chaleureux et convivial que le très froid blanc conventionnel.

Le changement n'est pas radical, certaines parties du musée restent inchangées ; en particulier la pièce centrale du musée où est réunie les sculptures et les quelques pièces latérales contenant généralement des peintures d'un peintre unique (Manet, Bouguereau, Degas ... etc) et non pas d'un style artistique. L'attitude globale d'un visiteur est de voir le maximum de pièces et en particulier, de filer rapidement vers la zone impressionniste. Aidés par les pass annuels, j'ai développé un nouveau moyen d'approche : la tactique flâneur.

Pour le parfait flâneur, pour l'observateur passionné, c'est une immense jouissance que d'élire domicile dans le nombre, dans l'ondoyant, dans le mouvement, dans le fugitif et l'infini. Être hors de chez soi, et pourtant se sentir partout chez soi ; voir le monde, être au centre du monde et rester caché au monde 
Texte sublime de Baudelaire qui rend compte avec précision ce qu'on peut ressentir pour 15€ seulement. Le fait de pouvoir rentrer dans un musée comme on rentre chez soi, nous donne un sentiment de puissance et de pouvoir futiles sur tout le monde autour de nous ; nous n'allons pas au musée mais le musée est rentré chez nous. Dans une foule immense de touristes du monde entier, je me sens étrangement comme chez moi ; je connais les recoins et les pièces du musée. Je ne vais pas voir une exposition, je vais voir les tableaux qui m'appartiennent car je sais où elles se trouvent ; je vais droit devant ; je connais déjà le chemin et je n'ai plus qu'à tracer la ligne qui nous sépare ; pourtant je ne suis pas exactement mon projet ; je picore à droite à gauche ; je m'enlise à certains endroits puis glisse vers des contrées éloignées ; je me sens doté d'une connaissance supérieure au reste des visiteurs. Je suis au centre du monde ! Pourtant personne ne se doute de cela autour de moi ! Baudelaire a si bien capté ce sentiment ! Et je vous invite à lire son texte en entier, c'est assez court : http://fr.wikipedia.org/wiki/Fl%C3%A2neur.

Henri Fantin-Latour, Portrait de Manet, 1867

Et quel est le meilleur représentant du flâneur ? Mon peintre préféré ! Le Manet !

Alors en tant que flâneur, on ne sait pas trop ce qui nous attend. On peut s'arrêter en chemin, regarder et faire attention à des choses qu'on ne regarderai pas avec attention. Dans un prochain billet, je vous exposerai quelque uns de mes tableaux préférés de Manet.

lundi 21 novembre 2011

Sélection de vidéos youtube 2011-11


Une fois ne sera pas coutume, voici une sélection de vidéos pour perdre son temps sur le net... J'espère que vous perdrez le vôtre comme j'ai perdu le mien.

Tout démarre lorsque je visionne cette vidéo du thème d'un film d'Ang Lee, sublime mélodie prenante et émouvante. Musique de film auto suffisante par elle-même ; elle creusera au fond de notre âme et de notre coeur pour arracher les parcelles pourries les plus enfouies. Mélodie simple à la manière de Satie, entraînante et puissante, immanquable. Je suis tout de suite parti noter le nom du titre lorsque je l'ai entendu hier sur Radio Classique. Alexandre Desplat, habitué des musiques de films, a composé cet oeuvre ainsi d'autres plus connues aux yeux des occidentaux : Harry potter, le discours d'un Roi, The Ghost Writer, et autre films à succès. Vous pouvez découvrir ses participations sur wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_Desplat.



Maintenant, j'ai une envie irrésistible de voir le film... surtout qu'il y a un de mes acteurs hong kongais préféré, Tony Leung, et que d'autre part l'histoire se déroule dans une période stylistique d'une Chine occidentalisée que j'apprécie beaucoup. La musique me rappelle d'un coup celle d'Amélie Poulain, qui à bien des égards, possède quelques similitudes comme les accords (ou quelque chose comme ça) simple qui sont répétés. Plus rapide et entraînante, elle nous tire vers l'axe du temps dans une sorte de mouvement qu'on ne peut arrêter ou freiner.




Bon, j'espère vous avoir assez amadoué pour lire la suit. Voici une vidéo d'un groupe de musique avec un clip assez original sur le concept d'une civilisation constituée de machines ; la performance est visuelle plutôt que musicale. Ici les hommes sont des machines, habillés en salary-man classiques, ils bougent à la manière des mimes mais le concept est différent, ils ne miment pas le récit de l’interaction d'un homme avec des objets mais des objets eux-mêmes et particulièrement des rouages, des mécaniques industrielles ou robotiques du passé ou du futur. Ca me rappelle parfois le film de Chaplin, les Temps Modernes


Autre performance (je suis les vidéos similaires proposés par youtube), des élèves, me semblent-ils, bougent avec une parfaite synchronie à chaque ordre du meneur. Les mouvements sont parfaitement exécutes entraînant des formes géométriques en mouvement en parfaite synchronie ou des figures statiques originales. Critique de la société japonaise ou de leur système d'éducation ? Je ne le sais, mais j'aimerais avoir une armée de clones comme celle-là qui obéit promptement à chaque claquement des doigts.



La dernière vidéo que je n'arrive pas à intégrer est complètement débile. "Nuki" veut dire "grow up".
On peut résumer la vidéo par ce commentaire d'un autre spectacteur : "How the fuck did this get over 214 million views?"

jeudi 17 novembre 2011

Harry Potter

Harry Potter and the Philosopher's stone

It is a truth universally acknowledged, that a single man in possession of a good fortune, must be in want of a wife. [1]
Ah non, je me trompe de roman...

Once upon a time ... in a magical land of Equestria, they were two regal sisters who ruled together. [2]
Ah zut, ça ne commence pas comme ça ! On dit toujours que la première phrase est capitale pour sentir le reste du roman. Celle de Jane Austen est vraiment bien, voyons celle d'Harry Potter :
Mr and Mrs Dursley, of number four, Privet Drive were proud to say that they were perfectly normal, thank you very much.
Ah voilà !

Le premier tome d'Harry Potter. J'ai vu les films. Il me manquait les romans. Et quoi de mieux qu' Harry Potter pour pratiquer facilement l'anglais ? Pas vraiment à vrai dire... pratiquer oui , facilement non. Commençons par le commencement.

Topic
Le premier tome installe l'univers du jeune magicien. Des parents qui ne le sont pas vraiment, un monde banal et classique similaire au nôtre où tout ne tourne pas comme on le voudrait ; mais dans ce monde séculaire et désenchanté il existe des magiciens vivant à la vue et à la barbe de tous, seuls certains élus sont capables de voir et d'utiliser la magie. Harry Potter, descendant biologique de magiciens, va pouvoir entrer dans ce nouveau monde magique ; dans ce voyage initiatique à l'école des sorciers, il s'y fera des amis et des ennemis dont le célèbre Voldemort [3]. Mais faut-il vraiment résumer ce livre puisque tout le monde l'a lu ou vu ?



Review
L'histoire est simple et facile à lire. Les premiers chapitres sont plutôt intéressants et drôles avec un vocabulaire fourni et recherché ; le milieu du livre met en place l'école, les règles, les élèves et la fameuse épreuve du Quidditch. La fin du roman déroule l'intrigue jusqu'à son épilogue légèrement capillo-tracté [4]. Efficace mais difficile de trouver de quoi se mettre sous la dent lorsqu'on a déjà vu le film plusieurs fois, tout y était et rien ne manquait. C'est un livre pour l'instant intéressant pour les enfants mais j'attends de voir la suite.

Do you speak English ?
chortle, squeak, heap, hiss, jostle, sidle, screech, squeal ... L'anglais est bourré de verbes qui n'ont pas forcément d'équivalents en français. J'ai l'impression qu'ils peuvent conjuguer n'importe quel mot pour le transformer en verbe là où nous utilisons une floraison d'adverbes ou d'adjectifs. Je ne compte plus le nombre de fois où j'ai cherché dans le dictionnaire un verbe qui avait pour signification "siffler" pour des utilisations différentes et quasi similaires... Le livre est particulièrement riche en vocabulaire, surtout au début du livre. Il est indéniable qu'on apprend pas mal l'anglais par ce biais mais il faudra prendre le temps de bien chercher dans son dictionnaire. Les combinaisons et le phrasé sont bien pensés mais il est dommage que l'auteur retombe vers un style simpliste vers la deuxième moitié du livre.

Conclusion
Le tome suit parfaitement le premier film ou plutôt l'inverse ! L'histoire est simple, l'univers est bien décrit mais il manque pour nous adultes les détails, la complexité et les relations d'un monde plus mature. Il est indéniable que cette série sera pour beaucoup d'enfants, un monde riche, fantastique qui les porteront dans le monde de la littérature fantastique. Mais en tant que puriste, il ne saura détrôné Lord of the Rings avec ses poèmes, ses gestes et le style plus littéraire de Tolkien.

2.5/5

PS : Il faut noter que le tome en VO est assez cher par rapport au poids en gramme. On comprend qu'elle est devenue très riche en peu de temps. J'hésite à passer en mode à vache à lait pour la suite des tomes.

[1] Pride and Prejudice, Jane Austen
[2] My Little pony : Friendship is magic (!)
[3] En Français dans le texte
[4] Spoiler  : Du point de vue des comptage des points de Gryffindor

jeudi 10 novembre 2011

Après le tremblement de terre



Recueil de nouvelles d'Haruki Murakami narrant le destin de différents personnages qui ont été touchés par le tremblement de terre de Kobe en 1995. Cette secousse ne leur a pas causé de blessures physiques mais elle a remué suffisamment chacun de ces êtres pour que leurs équilibres en soient modifiés. Chacun d'entre eux ont gardé plus ou moins longtemps un vide, un trouble qui sont apparus dans leurs vies jusqu'à ce qu'une personne vienne les secouer de nouveau dans l'autre sens pour faire redescendre le poids qui s'était logé au fond de leur coeur.

A chaque nouvelle, l'auteur décrit le destin parfois banal, parfois moins commun, de personnages qui ne nous marquent pas, ni nous éblouissent de leurs particularités. Quelques semaines après avoir lu la fin du livre, on oublie certains noms ; on se rappelle de certains personnages complètement fantaisistes mais on retient le poids, que chacun de ces personnages portait en eux, et qui se balance éternellement engendrant des coups de semonces résonnant jusqu'au fond du lecteur ; le poids est passé du personnage au lecteur, transfert de pathos aliénant, laissant un goût indélébile mais fugace sur notre langue. Murakami arrive à nous transporter vers une dimension qui nous semble si loin du nôtre mais qui parfois se cache derrière notre ombre.

5/5

A lire : un article présentant l'ouvrage bien mieux écrit que moi.
http://insideadream.free.fr/evasion_index.html

dimanche 23 octobre 2011

Musée d'Orsay, que visiter ?


Le musée d'Orsay est le musée le plus visité de France après celui du Louvre ; avec plus 3 millions de visiteurs annuels, il fait partie des dix premiers musées mondiaux. On y trouve essentiellement les oeuvres du XIXe siècle : de l'académisme français jusqu'à l'essor de l'art moderne à la fin du XIXe siècle historique (1914). Il est sans nul doute un des musées qu'on doit visiter un jour lorsqu'on parcourt Paris.

Les touristes l'ont bien compris ; dès 9 heures une queue se prépare près de l'entrée principale ; après plusieurs visites à ce musée, on se rend compte qu'il n 'y a quasiment que des touristes ; j'ai pu apercevoir des anglais, des chinois, des américains, des québécois ... Les visiteurs sont hétéroclites et les français représentent souvent l'espèce rare. Il faut donc se préparer à l'avance et y aller pendant les horaires creuses sinon autant rester dans le RER B en heure de pointe et essayer d'aller d'un bout à l'autre du train sans sortir sur les quais. Même si une queue incommensurable est générée le matin, le temps de remplir la superficie du musée, on peut tranquillement regarder les peintures et les sculptures en solitaire. Il vous faudra plusieurs visites de 3-4 heures pour plus ou moins visiter les différentes expositions, et encore on découvre toujours des nouveaux tableaux dans un musée qui se renouvelle sans cesse, à cause des travaux de rénovation qui se termineront par l'ouverture de la nouvelle salle impressionniste le 20 octobre 2011.

Vu d'une passerelle du musée d'Orsay

Le musée d'Orsay était une ancienne gare vouée à la destruction et transformé en musée sous Giscard d'Estaing. Il célèbre la fin d'un temps : celui de la Renaissance qui n'est qu'un prolongement du Moyen âge, et honore le temps de la modernité, de la révolution d'un monde en constant changement. Cette révolution esthétique et culturelle qui a marqué la France au XIXe siècle reflète le changement du monde entraîné par la révolution industrielle.
Au début du XIXe siècle, la peinture était contrôlée par les académies des Beaux-Arts d'Europe où celui de Paris domine et édicte les règles à suivre pour bien dessiner, donnant ainsi le nom d'Académisme. Ce mouvement tirait leurs influences des grands maîtres qui ont marqué l'histoire de l'Art, il fallait donc étudier les oeuvres au Louvre afin de comprendre et de plaire à l'Académie. Le salon d'exposition officiel, où était présenté des oeuvres approuvées par l'Académie, était un lieu très prisé par les peintres mais gare à ceux qui présentent des oeuvres s'écartant de la ligne officiel ! Manet, inventeur de l'Art moderne en fit les frais avec bon nombre de ses oeuvres dont l'une de ses plus célèbres est l'Olympia que j'ai pris en photo accrochée sur un délicieux fond Bordeaux (avant de me faire houspiller par un gardien [1]). Ces prémices d'un Art nouveau seront célébrés par Baudelaire et feront naître un des courants artistiques les plus connus et les plus appréciés au monde : L'Impressionnisme. C'est une des attractions touristiques majeures du musée; on peut le remarquer dès l'entrée où les gardiens prennent la peine de renseigner aux touristes la direction à prendre pour les tableaux impressionnistes alors que personne n'ait demandé quoi que ce soit. 

Olympia 1863. Remarquez la qualité de la peinture sur cette photo par rapport à celle qui traîne sur Wikipédia.  Ce n'est pas pour me vanter mais pour souligner le fait que rien ne remplace le fait de voir n'importe quel tableau  avec ses propres yeux.

Il apparaît donc de nos jours que l'Académisme représente les grands "méchants", qui ont perdu car tout le monde a oublié de quoi et de qui ils s'agissaient ; les "gentils" quant à eux ont gagné la bataille puisque les tableaux impressionnistes sont vendus pour des dizaines de millions d'euros et que tout le monde, américains y compris, peut citer au moins un peintre impressionniste... Le musée d'Orsay remet les pendules à l'heure en proposant plusieurs tableaux académiques dont l'impressionnant "Les romains de la décadence" de Thomas Couture, ancien Professeur de Manet, et le sublime "La naissance de Vénus" de Bourguereau. Bien qu'étant un inconditionnel de Manet, je n'ai pu rester indifférent devant les tableaux du chantre des anti-impressionnistes de l'époque.


Les romains de la décadence, Thomas Couture, 1847
Regardez La naissance de Vénus, la beauté des expressions et des visages transparaît du tableau ; à droite de l'idiot soufflant dans un conque, une belle jeune fille ingénue est cachée et regarde la scène ; protégée par le centaure, elle observe timidement la naissance de Vénus ; l'expression de visage représente bien l'esthétisme de la beauté qu'incarnait les personnages de l'académisme. On peut observer aussi la délicieuse candeur des deux anges au centre, certes s'amusant à torturer un dauphin ! Mais avec une telle posture et une telle expression, on pourrait tout leur pardonner ! Même la coquille Saint-Jacques nacrée et blanche représente un tableau à lui tout seul. Sans parler des dimensions du tableaux (300x217cm) qui ne passaient pas inaperçus ! A l'époque l'académisme approchait de sa fin, les peintres rabâchaient toujours les mêmes postures et les mêmes thèmes mais aujourd'hui, on est bien content de redécouvrir ces artistes.
La naissance de Vénus, William Bourguereau, 1879

Au musée d'Orsay, on peut observer aussi un tableau qui n'a pu être visible que très récemment (1995) : l'Origine du Monde [2] de Gustave Courbet. Peint en 1866 par une commande d'un Turc, personne ne put connaître la localisation du tableau après la seconde guerre mondiale ; seule quelques allusions nous sont parvenues dans les textes littéraires. Dans les années 70, une photo de mauvaise qualité apparut dans un livre, non signé et depuis tout le monde la reproduisit sans avoir jamais vu le tableau. Les rumeurs allaient bon train sur le propriétaire ou sur la perte du tableau, jusqu'à un jour ces rumeurs aiguillent vers le psychanalyste français Lacan ; la suite on la connaît : le tableau rentre au musée d'Orsay par dation des héritiers.

Le tableau était initialement protégé par un cache, une protection pour les observateurs non avertis. Il représente la vulve d'une femme où les membres inférieurs et supérieurs sont absents. On peut en dire long sur ce tableau, et je ferai peut-être un billet spécifique. Courbet a voulu représenter la réalité, combattant l'académisme à cause de sa fausseté figurative et de l'idéalisation de l'image caractéristique des peintres du mouvement. Lorsque Manet présenta l'Olympia, tout le salon fut choqué ; et non pas par la nudité de l'olympia, mais de la réalité de la scène qui n'a rien de mythologique, rien de symbolique ! De plus, cette figure iconoclaste est perturbée par des détails qui peuvent paraître insignifiants mais dont la composition de Manet fait qu'ils sont beaucoup plus que cela. Regardez le chat, si noir, si intense contrastant avec les couleurs de l'Odalisque ; au début, on ne le remarque pas mais dès qu'on l'aperçoit, les yeux jaunes et puissants du chats percent la toile, son iris fend la composition par sa direction verticale parallèle au chat dressé sur ses pattes. Ensuite, le bouquet de fleur est un tableau en lui même volant la vedette à l'odalisque ; de même pour les draperies, la servante etc ... Dans un premier temps, on observe la personne nue comme centrale à la pièce mais en fait les détails en constituent la trame principale, la force motrice.

L'Origine du monde, Gustave Courbet, 1866
Courbet stimulé par ce coup de maître, essaya de faire de même ; pour combatte les nus lisses et glabres de l'académisme, il représenta la vulve d'une manière crue dépassant de cette manière les limites des codes d'un style dépassé, repoussant le mythologique au dehors du tableau ; la dimension extraordinaire prend place alors dans le nom qui a une dimension cosmique, religieuse et intemporelle : L'Origine du monde ! Regardez la vénus de Bourguereau, parfaite dans les proportions de l'époque, la nudité est excusée par la scène mythologique , nous avons le droit car c'est Vénus, ce n'est pas n'importe qui !  Pas comme l'odalisque de Manet ! Et elle a quelque chose d'irréel et d'extraordinaire, voyez-vous ? Oui elle est épilée !

Lorsque j'ai vu le tableau, j'ai été surpris, captivé et fasciné. Surpris d'une part car elle se trouve dans la partie sur l'orientalisme. Caché dans une petite salle, au fond, un gardien veille au grain ; le tableau arrive sous nos yeux, sous notre nez sans qu'on le désire ; on rentre dans cette intimité par surprise et par force ; on ne peut s'en détourner sans se faire remarquer ; c'est une mise en scène du musée qui est véritablement réussi. Par pudeur, on hésite ; l'éducation fait que notre caractère voyeur est inhibé ; puis-je regarder une oeuvre intimiste ? Ensuite armé avec plus de courage, on observe, on se place dans la meilleure perspective et on est captivé par la force de l'oeuvre. Lorsque j'y étais, un couple asiatique était présent ; passant près de l'oeuvre, la femme jeta un oeil et jugea probablement l'oeuvre pornographique et passa vers le tableau suivant d'un mouvement vif. L'homme fit de même et sembla approuver ce jugement par mimétisme mais il se déplaça le tableau suivant plus lentement et plus pesamment comme s'il ne le voulait pas ; intrigué, avant de sortir de la salle, je jeta un dernier coup d'oeil à ce couple lorsque je surpris le jeune homme reculer d'un pas, faisant semblant d'observer le tableau convenable, il jeta un dernier et ultime regard sur le tableau de Courbet pour bien se rincer les yeux. Le tableau résolument moderne n'est pas encore accepté ; censurée par Facebook ; considéré comme pornographique par certains ; le tableau continuera à remuer les codes, à inspirer les foules et à réfléchir sur notre monde car il ne montre qu'une chose : la Vérité ; d'où le terme Réalisme du mouvement qu'on attribue à Courbet.
Le Cirque,  Georges Seurat, 1891

Nous continuons cette brève présentation du musée par un mouvement que j'ai commencé à apprécier pendant ma visite à Orsay : le pointillisme. J'ai découvert ce mouvement post-impressionniste par internet ou par l'intermédiaire des livres, en commençant par le célèbre cirque de Georges Seurat. Je dois avouer que dans un premier temps, je n'ai pas vraiment apprécié ce style de peintures, les points sont trop visibles et créent un effet de bruit télévisuel, ainsi qu'à cause des formes plutôt dérangeantes de Seurat, un des créateurs de ce mouvement avec Paul Signac. Le pointillisme ou divisionnisme repose sur l'utilisation de couleurs primaires en points ou en petits coups de pinceaux pour créer l'effet de couleur à partir du mélange interprété par notre cerveau, expliquant cet effet un peu bruité qu'on peut observer sur ces tableaux (voir Madame Hector France en bas à droite). La visite au musée d'Orsay a changé mon point de vue, la puissance de ce type de peinture s'observe difficilement à partir de photographies de plus ou moins bonne qualité.

Madame Hector France
 Henri-Edmond Cross, 1891
 Le Cirque de Georges Seurat est l'exemple du tableau que j'ai apprécié qu'à partir de la vision réelle au musée d'Orsay. Le travail méticuleux du peintre est assez colossal ; la recherche des couleurs s'observe lorsqu'on s'éloigne du tableau et ceci accroît notre sensibilité à la composition du tableau. Il en est de même pour Madame Hector France de Henri-Edmond Cross ; la pâleur sur la photographie ne rend pas compte des couleurs observées sur la vraie toile qui possède une véritable profondeur comme la plupart des toiles pointillistes. En tant qu'observateur, on recherche très souvent l'angle idéal pour admirer un tableau ; ici, on ajoute une troisième dimension : on observe le tableau sous plusieurs longueurs de distance ; il n'y a pas de position idéale, il y a juste plusieurs positions pour différentes impressions. La première, éloignée, permet d'avoir une vue d'ensemble, le mariage des couleurs et des formes prend vie et on admire l'élégance de Madame Hector France ou des fleurs situées en bas à gauche de la composition, on admire la perspective et la profondeur de la scène ; ensuite on se rapproche et les points deviennent plus visibles, les bords s'atténuent, les couleurs diffèrent obtenant ainsi un tableau presque impressionniste ; en se rapprochant d'avantage, on observe que les différents points si simples forment les couleurs observées précédemment, d'autres détails peuvent surgir puis on bouge encore en rejouant sur l'angle et l'éloignement. Ce sont des nouvelles méthodes de lecture que nous offre ce genre de tableau.

Saint Cecilia, John William Waterhouse, 1895

Nous finirons cette présentation par la salle d'exposition temporaire. La dernière en date est l'exposition sur les peintres de "l'art esthétique" au temps d'Oscar Wilde, où l'expression "l'art pour l'art" pourrait être leur profession de foi. Les artistes aux influences pré-raphaëlites [3] rendent hommage à la beauté sans se préoccuper de justification ou de signification aucune. L'exposition présente non seulement des tableaux mais aussi des objets d'art décoratifs, des robes et vêtements où l'influence de l'esthétisme a influencé. Un de mes peintres préférés, Waterhouse, d'origine pré-raphaëlite, prend souvent sujet des thèmes médiévaux ou de l'Antiquité comme celui présenté ici. L'autre tableau sublime de Waterhouse est la Dame de Shalott que l'exposition n'a pas le privilège de présenter [4]. Cette exposition temporaire plutôt courte ne possède pas beaucoup de grand chef d'oeuvre ou de peinture mais reste une exposition à aller voir (l'exposition n'est pas payante).

Ce qu'on peut noter, c'est que la salle d'exposition au musée d'Orsay n'est pas la meilleure. Pour l'avoir fréquentée plusieurs fois, il y a souvent une grande queue pour les expositions importantes (comme avec Manet cette année); la surface n'est pas très grande donc en cas de forte affluence, on se tasse facilement à plusieurs par tableau ; il y a des couloirs de faible largeur pour aller d'une pièce à l'autre où souvent est accroché un tableau où on aura des difficultés à accéder pour l'observer. Pour finir la dernière salle souvent trop lumineuse brouille notre attention et notre concentration à cause du bruit extérieur et de la lumière.


[1] Je déteste qu'on prenne des photos dans un musée mais là je n'ai pas résister, surtout que j'étais tout seul !

[2] Il y a un très bon reportage sur Arte http://www.dailymotion.com/video/xcxksn_l-origine-du-monde-1-2_creation ainsi qu'une conférence dans les archives en ligne du musée d'orsay http://www.musee-orsay.fr/index.php?id=634&L=0&tx_ttnews[tt_news]=27068&no_cache=1#tt_news27294

[3] Pre-Raphaëlisme : courant s'inspirant de la littérature médiévale et de la peinture italienne ; exemple de peintre : Millais, Waterhouse

[4] Voir ici http://fr.wikipedia.org/wiki/The_Lady_of_Shalott_(peinture)

mercredi 19 octobre 2011

Série Anita Blake

Laurell K. Hamilton

Livre IV (16/10/2011)
Lunatic Café
Que de temps depuis mon premier Anita Blake ! Pourtant j'ai l'impression que c'était hier. A chaque épisode de ses aventures, le titre correspond à un lieu. Ici, un banal café où se rassemble la meute de la ville sous le contrôle du mâle alpha Marcus.

Rien de nouveau, dès les trois premiers chapitres, l'auteure met en place son scénario : 3-4 affaires à gérer simultanément ainsi que des problèmes de coeur avec son petit copain Richard. La moitié du livre se consacre à des discussions complètement futiles entre Anita et Richard; oeuvre de femme pour femme ? Ce Richard est un lycanthrope et Anita a de plus en plus de mal à l'accepter ; les babines au lit ce n'est pas terrible; quoique dans certaines situations ça pourrait peut-être aider à aller vers des plaisirs étonnants ... Pendant ce temps le maître vampire, Jean-Claude, lui fait des avances; que de beaux hommes pour la belle Anita ! En plus de ces problèmes d'importance, elle doit enquêter sur les disparitions de métamorphes, un meurtre, ainsi qu'une demande d'interview avec un rat-garou ; rien que ça !

Il est dommage qu'il y ait beaucoup trop de dialogues d'un niveau intellectuel proche du fond du gouffre ... Heureusement que l'intrigue, que l'auteure a tendance a oublié, reste toujours très accrocheur. En retirant les petites causeries, on aurait pu condenser les parties intéressantes du livre sur à peine 100 pages. Contrastant des mièvreries de mademoiselle, les phases de tensions entre Anita et certains monstres sont plutôt réussies ; par exemple lorsqu'elle se retrouve acculée face à un loup-garou trop agressif dans l'arrière salle du Lunatic Café ; la question presque cornélienne ne devient pas évidente pour le lecteur : initiative ou pas initiative [1] ? La vengeance qu'elle entreprend à la fin est aussi un pur délice qui permet au livre de sortir des codes d'un genre littéraire candy et rose bonbon. Malgré tout le livre est toujours écrit comme un vulgaire roman de gare et la question est : pourquoi donc j'achèterai le tome suivant ? Je ne sais pas mais je l'achèterai.

2.5/5


[1] Baston ou pas baston
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Livre III (1/01/2010)
Le Cirque des Damnés
Troisièmes opus des aventures d'Anita, comme d'hab. c'est le bordel dès le départ.

/!\ Spoils léger
Un groupe d'humains "anti-vampires" tente de trouver la cachette du maître de la ville, jean-claude, et compte sur Anita pour révéler son nom et sa localisation. En fuyant ces énergumènes, elle tombe sur un groupe de vampires dont le chef est vieux de plus de 700 ans. Le lendemain, elle rencontre, la personne qui est derrière Humains Contre Vampires, le groupe d'humains fanatiques : Mr Olivier qui se révèle être un vampire vieux de plus d'un million d'année. Et là le livre vire au n'importe quoi. C'est sens dessus dessous. On se demande comment Jean-Claude, un pauvre petit-vampire de 200 ans résiste à une horde de créatures ultra puissants ayant vécu depuis le berceau de l'humanité. Anita va de Charybde en scylla, et tel deus ex machina trucide 2 vampires en 2 un combo deux coups, 300 000 points de dégâts.

On arrive à une surenchère d'ennemis de plus en plus puissants, comme un gosse qui tente de crier plus fort que son petit copain pour savoir qui est plus fort que l'autre.
- Le mien, j'ai couteau en dents de requins ! et jte coupe !
- Bah moi j'ai une épée à deux mains !
- Et bah moi j'ai un pistolet ! Et ton épée, elle sert à rien !
- Et bah moi j'ai un fusil
... (X 10)
- Et bah moi j'ai un missile atomique
Le livre ne s'arrête là pas à la bombe atomique dans cette course à la super-puissance. En trois livres, on passe de Dragon Ball à Dragon Ball GT, où les héros commencent par casser des rochers et finissent par détruire des planètes avec des boules d'énergie. La fin est encore plus abrupte que le commencement : s'il fallait 3 livres pour sortir le plus puissant des vampires, il faut 2 pages pour le tuer. C'est du grand n'importe quoi.
4/10

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Livre II (26/08/2009)

Le Cadavre Rieur
Deuxième opus des aventures d'Anita Blake.
L'aventure commence sur les chapeaux de roues, Anita se voit démarcher pour réveiller un zombie multi-centenaire, nécessitant un sacrifice humain. Un super Zombie assassin sème la panique dans la ville, ce qui l'amène à rencontrer Dominga Salvador, une prêtresse vaudou qui va lui en vouloir beaucoup. Quant à Jean-Claude, le nouveau maître vampire de la ville, il désire ardemment la petite tueuse comme servante et amante. En gros, c'est le bordel et la petite Anita va se retrouver avec trois grosses affaires à résoudre en trois jours et en même temps.

Exprimé de cette manière, l'histoire a l'air kitch, très série B et SF bas de gamme mais l'auteure réussit à brasser tous ces ingrédients pour en créer un velouté exquis et glaçant. La cohérence de l'histoire, épicée par la richesse et la complexité de l'univers, rend l'atmosphère lourde, stressante et on déguste le livre sans laisser l'assiette froide.

Le personnage, Anita, est un cas particulier. Elle reste un peu moins soumise dans cette opus, elle se fait malmenée très souvent par des malabars deux fois plus costauds qu'elle (facile avec 1m60), mais ne reste pas en moins passive et elle sait morde lorsqu'il le faut, à coup de pied là ou ça fait mal et de gros calibre bien placé. Cette fragilité et cette force de l'héroïne la rend très attachante. J'aime surtout ses coups de gueules sur les habitudes sociologiques et de mode des gens un peu plus normaux. Les autres personnages sont tous aussi bien soignés : Jean Claude le vampire, plutôt discret dans cet épisode, est énigmatique et enivrant.

La maturité ressentie sur les deux premiers tomes fait que la série des Anita Blake est une œuvre à lire absolument!
9/10

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Livre I (01/2009)

Plaisirs Coupable 
Une aventure d'Anita Blake, tueuse de vampires.
Avec ce titre, on pourrait penser qu'il s'agit d'un énième livre traitant d'un vampire killer au nom d'Alucard mais il n'en est presque rien.
Les vampires sont maintenant intégrés dans la société, les hommes sont conscients et approuvent légalement leur existence ainsi que la plupart du bestiaire fantastique : loup-garous et autres monstres. Ils ont même une église : l'église de la vie éternelle seule église promettant l'immortalité et qui bien sûr est la seule pouvant la réaliser ! Anita Blake n'est pas une tueuse de vampire par passion mais mais c'est le boulot qui le veut qu'elle s'occupe des vampires renégats. Son métier principale est réanimatrice, elle relève des zombis.

L'écriture n'est pas des meilleures mais reste agréable et facile à lire. L'univers reste classique mais original dans l'approche. La chose intéressante est le rapport entre l'héroïne et les autres personnages. Elle est plutôt cynique envers le monde "mainstream", concordant avec une philosophie un peu gothique. Bien que surnommée l'exécutrice, elle reste souvent en position "soumise" par rapport aux autres. Elle craint, elle a peur et a des sueurs. Il s'établit alors un rapport dominant/dominé, Maître/servante qui s'inversant et changeant au fur et à mesure du livre ; on perçoit donc un lien bidirectionnel, presque sensuel entre le le Maitre et le servant rendant la chose beaucoup plus intéressante.

Quelques rares situations improbables, le style un peu épurée manque de puissance qui fait la force des vampires d'Anne Rice mais pour ce premier bouquin, l'histoire et l'univers sont vraiment intéressants pour qu'on (que je m') s'intéresse à la suite.

8/10

samedi 15 octobre 2011

Mon premier Arsène Lupin ! Tout le monde en France connaît le célèbre gentilhomme cambrioleur mais peu nombreux sont ceux qui en ont lu un ! Arsène Lupin adapté, réadapté en série télévisée, en téléfilms et en films puis réinventé par le maître Miyazaki en série animée puis en film d'animation, sera un des plus célèbres personnages du XIXe à l'instar de son Némésis virtuel Sherlock Holmes !

Arsène lupin est un personnage inventé par Maurice Leblanc (né à Rouen ! Ouais ! ) au XIXe siècle. Bourgeois aussi rusé qu'intelligent, il s'en prend aux riches pour s'en remplir la panse d'une part et pour venir en aide à la veuve et l'orphelin d'autre part (surtout si la veuve est jeune et jolie, hein ! ). Il aura pour ennemi littéraire Sherlock Holmes écrit par Sir Arthur Conan Doyle; Maurice Leblanc a même eut l'audace d'écrire un Arsène Lupin contre Herlock Sholmès où il ridiculise le célèbre détective vexant par la même occasion l'auteur britannique.

Bon revenons à nos moutons, dans cet épisode Arsène va tranquillement cambrioler avec l'aide de deux complices le manoir d'un riche député mais rien ne se passe comme prévu : un serviteur présent va déranger le plan, puis il découvre un curieux bouchon de cristal que tout le monde désire... Arsène sera bien seul, ses complices semblent en savoir plus que lui sur le bouchon, ses planques seront découvertes et il tombera sur un de ses adversaires les plus coriaces : Daubrecq le député.

Avis, attentions aux spoilers !
C'est au final certainement pas le premier Arsène qu'il faudrait lire, Arsène tombe de plus en plus bas vers la défaite tous azimuts. Tous ses plans seront mis à mal, il a perdu ses relations et sera presque démasqué. Le héros tombe dans un gouffre sans fin, presque pessimiste et défaitiste; il se relèvera bien entendu à la fin mais on ne découvre pas l'Arsène Lupin qu'on croit connaître, le cambrioleur rusé que rien ne pourrait arrêter; c'est donc une autre facette du cambrioleur que dépeint Maurice Leblanc. Il aurait fallu lire les autres livres mais je suis tombé sur celui-là à cause de sa gratuité !

3.5/5

mercredi 5 octobre 2011

Musée de l'orangerie


Le musée de l'orangerie est situé dans le jardin des Tuileries près de celui du Jeu de paume.

Anciennement une orangerie, le musée est aménagé, par l'intermédiaire de Clemenceau, pour recevoir les dernières oeuvres de Monet : les Nymphéas. Plus tard, l'autre partie du musée accueillera la collection que Paul  Guillaume léguera à l'Etat.

L'orangerie est située entre le Louvre et le Musée d'Orsay, et est sous l'égide de ce dernier. Contrairement aux deux mastodontes, le musée de l'orangerie est moins connu, moins fréquenté par les hordes de touristes et de visiteurs du dimanche. Il est donc agréable de venir et de se reposer sur une chaise longue du jardin des Tuileries en attendant votre partenaire de la journée. Le seul point noir est que pendant la bronzette, vous prenez en même temps une belle bouffée de particules et de gaz d'échappements des véhicules bourdonnant sur la place de la Concorde.

La visite commence par les deux salles ovales de Monet. On rentre par un pronaos (mot désignant le sas situé à l'entrée d'un temple tel le Narthex d'une cathédrale ! Ces mots qu'on apprend volontiers pendant l'exposition et qu'on ne tardera pas à ressortir aussi souvent que possible pour flatter notre ego) totalement nu de représentations, d'objets et de signes comme l'a voulu Monet. 4 toiles représentant les fameux Nymphéas reposent dans chacune des deux salles. Ces toiles majestueuses sont accrochées de manière que la base soit proche du sol; elles sont longues de 6 mètres environ et nous dépassent en taille ce qui fait que ces toiles se fondent dans une vision d'ensemble. Les toiles sont magnifiques et représentent les nymphéas de Giverny à différents endroits et à différentes heures de la journée. J'apprécie particulièrement celui avec les saules encadrant la toile.
Malheureusement, je n'aime pas trop la salle qui respecte probablement les volontés de Monet: il y a trop de lumière, trop de blanc qui font trop ressortir le réel du monde environnant étouffant les sensations perçues des toiles. Un guignol m'a demandé de me pousser pour prendre une photo de biais du tableau. Heureusement, que je partais sinon je l'aurai envoyé balader ce visiteur du dimanche. A quoi cela sert de venir dans un musée pour prendre des photos pourries qu'on ne regardera peut-être qu'une fois dans les 60 prochaines années ?? J'ai eu le même problème à Montréal où des touristes chinois m'ont demandé de me pousser pour prendre la pose ... En tout cas je souhaite à mon ami du dimanche un bon bus RATP (dans la gueule et à 80 km/h de préférence). Les cadres des tableaux sont plutôt moches, avec des belles taches dues à l'âge ?


La seconde partie du musée se situe au sous-sol où on découvre la collection de Paul Guillaume, un collectionneur et un marchand d'art autodidacte du début XXe qui a pris sous son égide un bon nombre d’artistes. Ses appartements à Paris sont plutôt coquets avec un nombre impressionnant de tableaux de maîtres. On y découvre des Matisse, des Gaugin, des Modigliani, des Picasso ..., la plupart des artistes est rattaché à l'école de Paris. J'ai découvert une peintre: Marie Laurencin (cf. ci-dessus à gauche) qui peint des femmes allongés, animales, très sensuelles; les couleurs pastelles tirant vers le gris donnent un ton suave ainsi que les yeux noirs sans pupilles, sans iris nous entraîne dans un monde presque féerique contrastant avec les pièces de viande de Soutine (ci-dessus à droite) ou les visages déformés comme les masques africains, de Modigliani qu'on peut tous découvrir pendant l'exposition.

La troisième partie du musée est une salle vidéo où est présenté un reportage retraçant la création des Nymphéas de Monet, projet précoce qui ne s'achèvera et aboutira que vers la fin de la vie de Monet. Le reportage d'une heure est plutôt bien fait racontant le contexte de l'époque qui a vu naître ces tableaux ainsi que la disposition des tableaux dans le musée de l'orangerie. La salle est sombre et le réalisateur du film a même eu la délicatesse de couper les différentes scènes du film par le même interlude INA où on peut voir une bombe de 5 Kt exploser dans un champ entraînant une gigantesque boule de terre giclant de part en part de l'écran; il a même eu la douceur de synchroniser l'image avec le son de la même bombe produisant donc une explosion sonore titanesque. Cette interlude qu'on peut voir 3-4 fois pendant le visionnage du film se produit au moment le plus opportun: juste avant la phase d'endormissement de chaque spectateur !

par Had

Nous avons donc un musée à dimension humaine, il suffit d'une après-midi pour tout visiter dans des conditions agréables (sauf guignol à photos). Il y a des artistes variés pour tous les goûts; ce musée se révèle donc être une alternative 100% gagnante du musée d'Orsay lorsque celui-ci est occupé d'une queue de 100 km de long dehors et de 20 km dedans. Il est surtout profitable lorsqu'on possède la carte MuséO qui permet d'entrer dans le musée de l'orangerie gratuitement (au lieu de 7€ en 2011).

mercredi 21 septembre 2011

Soupe façon cambodgienne


Voici une soupe à base de porc et de nouilles de riz.

Difficulté facile
Budget Pas cher à moyen
Durée 1h environ



Pour deux personnes (mes proportions sont toujours au pif),
300g de nouilles de riz plate ou de vermicelles de riz blanc
100g de porc hâché très grossièrement
100g de poitrine de porc
100g de pousses de soja ou autre légumes vert chinois (bok choy par exemple)
4 crevettes roses
1/5 d'un pâté vietnamien
1/2 oignon
Coriandre
Ciboulette
Ail
Morceaux de chou en saumure Lien (Important pour le goût)
1 cuillère à soupe de sauce soja claire chinoise salée
1 morceau de gingembre
1 cuillère à soupe de vinaigre noir
1 cuillère à soupe de vin de riz de Shaoxing
Huile de sésame

Ail frit
Dans une poêle, faites frire des gousses d'ails émincées en cubes de 2 mm de côté dans de l'huile. Elles doivent brunir sans brûler (Vérifiez au goût)

Cuisson des Nouilles
Faites cuire les nouilles sèches selon les indications dans de l'eau bouillante très légèrement salée. Réservez les nouilles dans un récipient et couvrir avec un torchon pour éviter qu'elles sèchent. Il ne faut pas faire cuire les nouilles entièrement mais juste à la limite de la cuisson. Vous pouvez tremper les nouilles dans de l'eau tiède au préalable (1h environ).

Bouillon
- Faites bouillir de l'eau légèrement salée et pochez le morceau de poitrine en entier.
- Lorsqu'il sera bientôt cuit, y déposer les crevettes crus, le porc hâché, le gingembre et une cuillère à café de chou saumuré.
- Écumez
- Versez le vin de riz, le vinaigre noir dans le bouillon et laissez frémir 3-4 minutes

Présentation
- Enlevez les aliments du bouillon et réservez dans un coin bien au chaud, puis écumez le bouillon
- Dans un grand bol, déposez une poignée de germes de soja cru (si on n'en a pas, il faut remplacer par un autre légume qui donne du croquant, dans ce cas il faudra le cuire avant)
- Passez les nouilles de riz dans le bouillon plusieurs fois rapidement pour bien les réchauffer et les humidifier et ensuite les mettre dans le bol sur le soja
- Refaire frémir le bouillon puis le verser dans le bol afin d'immerger les nouilles
- Y déposer ensuite les aliments pour la présentation (coupez au préalable la poitrine de porc en fines tranches)
- Rajouter de la coriandre fraîche, une poigne de ciboulette ciselée (ou d'oignons nouveaux), une ou deux cuillères à café d'ail frit et une dizaine de gouttes d'huile de sésame

C'est prêt !



Variations
Vous pouvez rajouter une feuille de laitue iceberg, y mettre plus de fruits de mer (encornet et boulette de poisson par exemple) à la place de la poitrine et du pâté. Vous pouvez rajouter du piquant, changer le style de nouilles selon votre goût. Vous pouvez aussi rajouter du canard laqué, du porc laqué et toutes autres chinoiseries. Pour plus de goût, vous prenez du bouillon de poulet (du vrai, en utilisant la carcasse) à la place de l'eau; dans ce cas vous en aurez pour plusieurs heures. Vous pouvez remplacer la sauce soja/vinaigre/vin par une cuillère à soupe de sauce poisson aussi.
Voilà une autre variation trouvé au pif sur le net : http://www.canardumekong.com/2011/04/soupe-phnom-penh.html

j'ouvre mon blog cuisine en même temps ! C'est juste du copier coller de ce que je poste ici mais les recettes seront agrégées en un seul et même endroit et clusterisées en plusieurs thèmes !
http://dernier-quartier.blogspot.com/

mercredi 6 avril 2011

Majesty 2


Petit jeu sympathique déniché sur Steam.

Késako ?
On peut appeler cela un Jeu de stratégie indirect. On construit des bâtiments, on pérennise notre économie, on se fait des ennemis et on embauche des héros ... qu'on ne contrôle pas ! Oui la nouveauté est que ces satanés héros, fers de lance de votre armée se contrôlent par l'intermédiaire de quêtes, de décrets, de drapeaux que vous éditez d'un simple coup de souris. Placez un point dans une zone inconnue, et un éclaireur ira explorer les nouvelles contrées, moyennement finances bien entendu...

Donj.
Quel est la similitude en un groupe de rôlistes jouant à donj et notre petit groupe de héros de Majesty 2 ? Ils sont tous vénaux, quémandant et implorant pièces sonnantes et trébuchantes pour la moindre action aussi banale, que facile. Il vous faudra fixer les prix pour chaque action, et si le montant est trop faible, aucun de vos soldats ne se bougeront le cul. Le panel des héros recrutable est classique: Guerrier, mago, voleur, prêtre et archer constitueront vos soldats de base. Ensuite certains de ces héros peuvent évoluer dans des classes évoluées et plus sympathiques. L'univers est un mélange entre Warcraft 3 et la série des Heroes of Might and Magic, un peu cartoonesque, ancré dans un monde fantastique comportant les monstres et les humanoïdes les plus basiques ainsi que les némésis judéo chrétien typiques : Démons et cie. La campagne possède une difficulté croissante qui vous tiendra en haleine une vingtaine d'heures. L'histoire, on peut l'oublier dès le premier scénario.

Mais quels bande de crétins ces PJs ! Ah non, c'est l'IA codée avec les pieds d'elephant man mais c'est presque pareil. Combien de fois, des héros niveau un foncent seuls dans un coin contenant dragon ancestraux et liches niveaux 20 ... Les drapeaux permettant de contrôler les héros sont au nombre de 4: Attaquer (boss, bâtiments, monstres), Défendre, Explorer, et Fuir permettront de défendre votre cité tout en contrôlant la carte. Ils ne fonctionnent pas très bien, parfois les ennemis détruisent un bâtiments sans qu'un héros adjacent ne bougent le petit doigt... A la fin, certains héros sont plus efficaces que d'autres: les assassins par exemple sont un bon rapport qualité/prix, pas chers et plutôt fuyards: ils prennent vite de l'expériences et meurent peu souvent à cause de leur couardise, alors que les magos sont plus puissants mais très chers (donc chers pour leurs résurrections), ils se mettent dans des situations compliqués et meurent très souvent ce qui fait que les assassins ont toujours une longueur d'avance en terme de puissance et de cheapitude.

Conclusion Au final, le jeu est sympathique et très original. On aurait aimé qu'il y ait plus de petits détails qui auraient transformer cette petite production en grand jeu : des pouvoirs de héros plus variés, pour des batailles plus épiques, une plus grande gestion économique et urbaine, un nombre plus important d'objets avec un contrôle de la production et des revenus, une intelligence plus développée, avec un système de monstres à revoir. Le jeu est sympathique, prenant, mais on imagine mieux, bien mieux ! Le potentiel est très grand et j'espère que les développeurs pourront sortir des suites plus poussées car le côté répétitif empêche de rejouer trop souvent à ce jeu.

Subjectivement 3/5, 4/5 en coup de coeur.

Quelques images disponible ici