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jeudi 15 décembre 2011

Musée d'Orsay, le flâneur

Le musée d'Orsay a changé sa peau récemment ; on peut découvrir un nouvel espace pour les peintures impressionnistes au cinquième étage ; un autre pour le naturalisme près de la zone impressionniste ainsi qu'une refonte du département des Arts décoratifs. D'une part, les tableaux sont maintenant accrochés sur des nouveaux fonds colorés, du rouge bordeaux au gris anthracite cf. photo Olympia ; les nouvelles couleurs pastel ainsi que la matière sylvicole de certains murs offrent un accueil beaucoup plus chaleureux et convivial que le très froid blanc conventionnel.

Le changement n'est pas radical, certaines parties du musée restent inchangées ; en particulier la pièce centrale du musée où est réunie les sculptures et les quelques pièces latérales contenant généralement des peintures d'un peintre unique (Manet, Bouguereau, Degas ... etc) et non pas d'un style artistique. L'attitude globale d'un visiteur est de voir le maximum de pièces et en particulier, de filer rapidement vers la zone impressionniste. Aidés par les pass annuels, j'ai développé un nouveau moyen d'approche : la tactique flâneur.

Pour le parfait flâneur, pour l'observateur passionné, c'est une immense jouissance que d'élire domicile dans le nombre, dans l'ondoyant, dans le mouvement, dans le fugitif et l'infini. Être hors de chez soi, et pourtant se sentir partout chez soi ; voir le monde, être au centre du monde et rester caché au monde 
Texte sublime de Baudelaire qui rend compte avec précision ce qu'on peut ressentir pour 15€ seulement. Le fait de pouvoir rentrer dans un musée comme on rentre chez soi, nous donne un sentiment de puissance et de pouvoir futiles sur tout le monde autour de nous ; nous n'allons pas au musée mais le musée est rentré chez nous. Dans une foule immense de touristes du monde entier, je me sens étrangement comme chez moi ; je connais les recoins et les pièces du musée. Je ne vais pas voir une exposition, je vais voir les tableaux qui m'appartiennent car je sais où elles se trouvent ; je vais droit devant ; je connais déjà le chemin et je n'ai plus qu'à tracer la ligne qui nous sépare ; pourtant je ne suis pas exactement mon projet ; je picore à droite à gauche ; je m'enlise à certains endroits puis glisse vers des contrées éloignées ; je me sens doté d'une connaissance supérieure au reste des visiteurs. Je suis au centre du monde ! Pourtant personne ne se doute de cela autour de moi ! Baudelaire a si bien capté ce sentiment ! Et je vous invite à lire son texte en entier, c'est assez court : http://fr.wikipedia.org/wiki/Fl%C3%A2neur.

Henri Fantin-Latour, Portrait de Manet, 1867

Et quel est le meilleur représentant du flâneur ? Mon peintre préféré ! Le Manet !

Alors en tant que flâneur, on ne sait pas trop ce qui nous attend. On peut s'arrêter en chemin, regarder et faire attention à des choses qu'on ne regarderai pas avec attention. Dans un prochain billet, je vous exposerai quelque uns de mes tableaux préférés de Manet.

dimanche 23 octobre 2011

Musée d'Orsay, que visiter ?


Le musée d'Orsay est le musée le plus visité de France après celui du Louvre ; avec plus 3 millions de visiteurs annuels, il fait partie des dix premiers musées mondiaux. On y trouve essentiellement les oeuvres du XIXe siècle : de l'académisme français jusqu'à l'essor de l'art moderne à la fin du XIXe siècle historique (1914). Il est sans nul doute un des musées qu'on doit visiter un jour lorsqu'on parcourt Paris.

Les touristes l'ont bien compris ; dès 9 heures une queue se prépare près de l'entrée principale ; après plusieurs visites à ce musée, on se rend compte qu'il n 'y a quasiment que des touristes ; j'ai pu apercevoir des anglais, des chinois, des américains, des québécois ... Les visiteurs sont hétéroclites et les français représentent souvent l'espèce rare. Il faut donc se préparer à l'avance et y aller pendant les horaires creuses sinon autant rester dans le RER B en heure de pointe et essayer d'aller d'un bout à l'autre du train sans sortir sur les quais. Même si une queue incommensurable est générée le matin, le temps de remplir la superficie du musée, on peut tranquillement regarder les peintures et les sculptures en solitaire. Il vous faudra plusieurs visites de 3-4 heures pour plus ou moins visiter les différentes expositions, et encore on découvre toujours des nouveaux tableaux dans un musée qui se renouvelle sans cesse, à cause des travaux de rénovation qui se termineront par l'ouverture de la nouvelle salle impressionniste le 20 octobre 2011.

Vu d'une passerelle du musée d'Orsay

Le musée d'Orsay était une ancienne gare vouée à la destruction et transformé en musée sous Giscard d'Estaing. Il célèbre la fin d'un temps : celui de la Renaissance qui n'est qu'un prolongement du Moyen âge, et honore le temps de la modernité, de la révolution d'un monde en constant changement. Cette révolution esthétique et culturelle qui a marqué la France au XIXe siècle reflète le changement du monde entraîné par la révolution industrielle.
Au début du XIXe siècle, la peinture était contrôlée par les académies des Beaux-Arts d'Europe où celui de Paris domine et édicte les règles à suivre pour bien dessiner, donnant ainsi le nom d'Académisme. Ce mouvement tirait leurs influences des grands maîtres qui ont marqué l'histoire de l'Art, il fallait donc étudier les oeuvres au Louvre afin de comprendre et de plaire à l'Académie. Le salon d'exposition officiel, où était présenté des oeuvres approuvées par l'Académie, était un lieu très prisé par les peintres mais gare à ceux qui présentent des oeuvres s'écartant de la ligne officiel ! Manet, inventeur de l'Art moderne en fit les frais avec bon nombre de ses oeuvres dont l'une de ses plus célèbres est l'Olympia que j'ai pris en photo accrochée sur un délicieux fond Bordeaux (avant de me faire houspiller par un gardien [1]). Ces prémices d'un Art nouveau seront célébrés par Baudelaire et feront naître un des courants artistiques les plus connus et les plus appréciés au monde : L'Impressionnisme. C'est une des attractions touristiques majeures du musée; on peut le remarquer dès l'entrée où les gardiens prennent la peine de renseigner aux touristes la direction à prendre pour les tableaux impressionnistes alors que personne n'ait demandé quoi que ce soit. 

Olympia 1863. Remarquez la qualité de la peinture sur cette photo par rapport à celle qui traîne sur Wikipédia.  Ce n'est pas pour me vanter mais pour souligner le fait que rien ne remplace le fait de voir n'importe quel tableau  avec ses propres yeux.

Il apparaît donc de nos jours que l'Académisme représente les grands "méchants", qui ont perdu car tout le monde a oublié de quoi et de qui ils s'agissaient ; les "gentils" quant à eux ont gagné la bataille puisque les tableaux impressionnistes sont vendus pour des dizaines de millions d'euros et que tout le monde, américains y compris, peut citer au moins un peintre impressionniste... Le musée d'Orsay remet les pendules à l'heure en proposant plusieurs tableaux académiques dont l'impressionnant "Les romains de la décadence" de Thomas Couture, ancien Professeur de Manet, et le sublime "La naissance de Vénus" de Bourguereau. Bien qu'étant un inconditionnel de Manet, je n'ai pu rester indifférent devant les tableaux du chantre des anti-impressionnistes de l'époque.


Les romains de la décadence, Thomas Couture, 1847
Regardez La naissance de Vénus, la beauté des expressions et des visages transparaît du tableau ; à droite de l'idiot soufflant dans un conque, une belle jeune fille ingénue est cachée et regarde la scène ; protégée par le centaure, elle observe timidement la naissance de Vénus ; l'expression de visage représente bien l'esthétisme de la beauté qu'incarnait les personnages de l'académisme. On peut observer aussi la délicieuse candeur des deux anges au centre, certes s'amusant à torturer un dauphin ! Mais avec une telle posture et une telle expression, on pourrait tout leur pardonner ! Même la coquille Saint-Jacques nacrée et blanche représente un tableau à lui tout seul. Sans parler des dimensions du tableaux (300x217cm) qui ne passaient pas inaperçus ! A l'époque l'académisme approchait de sa fin, les peintres rabâchaient toujours les mêmes postures et les mêmes thèmes mais aujourd'hui, on est bien content de redécouvrir ces artistes.
La naissance de Vénus, William Bourguereau, 1879

Au musée d'Orsay, on peut observer aussi un tableau qui n'a pu être visible que très récemment (1995) : l'Origine du Monde [2] de Gustave Courbet. Peint en 1866 par une commande d'un Turc, personne ne put connaître la localisation du tableau après la seconde guerre mondiale ; seule quelques allusions nous sont parvenues dans les textes littéraires. Dans les années 70, une photo de mauvaise qualité apparut dans un livre, non signé et depuis tout le monde la reproduisit sans avoir jamais vu le tableau. Les rumeurs allaient bon train sur le propriétaire ou sur la perte du tableau, jusqu'à un jour ces rumeurs aiguillent vers le psychanalyste français Lacan ; la suite on la connaît : le tableau rentre au musée d'Orsay par dation des héritiers.

Le tableau était initialement protégé par un cache, une protection pour les observateurs non avertis. Il représente la vulve d'une femme où les membres inférieurs et supérieurs sont absents. On peut en dire long sur ce tableau, et je ferai peut-être un billet spécifique. Courbet a voulu représenter la réalité, combattant l'académisme à cause de sa fausseté figurative et de l'idéalisation de l'image caractéristique des peintres du mouvement. Lorsque Manet présenta l'Olympia, tout le salon fut choqué ; et non pas par la nudité de l'olympia, mais de la réalité de la scène qui n'a rien de mythologique, rien de symbolique ! De plus, cette figure iconoclaste est perturbée par des détails qui peuvent paraître insignifiants mais dont la composition de Manet fait qu'ils sont beaucoup plus que cela. Regardez le chat, si noir, si intense contrastant avec les couleurs de l'Odalisque ; au début, on ne le remarque pas mais dès qu'on l'aperçoit, les yeux jaunes et puissants du chats percent la toile, son iris fend la composition par sa direction verticale parallèle au chat dressé sur ses pattes. Ensuite, le bouquet de fleur est un tableau en lui même volant la vedette à l'odalisque ; de même pour les draperies, la servante etc ... Dans un premier temps, on observe la personne nue comme centrale à la pièce mais en fait les détails en constituent la trame principale, la force motrice.

L'Origine du monde, Gustave Courbet, 1866
Courbet stimulé par ce coup de maître, essaya de faire de même ; pour combatte les nus lisses et glabres de l'académisme, il représenta la vulve d'une manière crue dépassant de cette manière les limites des codes d'un style dépassé, repoussant le mythologique au dehors du tableau ; la dimension extraordinaire prend place alors dans le nom qui a une dimension cosmique, religieuse et intemporelle : L'Origine du monde ! Regardez la vénus de Bourguereau, parfaite dans les proportions de l'époque, la nudité est excusée par la scène mythologique , nous avons le droit car c'est Vénus, ce n'est pas n'importe qui !  Pas comme l'odalisque de Manet ! Et elle a quelque chose d'irréel et d'extraordinaire, voyez-vous ? Oui elle est épilée !

Lorsque j'ai vu le tableau, j'ai été surpris, captivé et fasciné. Surpris d'une part car elle se trouve dans la partie sur l'orientalisme. Caché dans une petite salle, au fond, un gardien veille au grain ; le tableau arrive sous nos yeux, sous notre nez sans qu'on le désire ; on rentre dans cette intimité par surprise et par force ; on ne peut s'en détourner sans se faire remarquer ; c'est une mise en scène du musée qui est véritablement réussi. Par pudeur, on hésite ; l'éducation fait que notre caractère voyeur est inhibé ; puis-je regarder une oeuvre intimiste ? Ensuite armé avec plus de courage, on observe, on se place dans la meilleure perspective et on est captivé par la force de l'oeuvre. Lorsque j'y étais, un couple asiatique était présent ; passant près de l'oeuvre, la femme jeta un oeil et jugea probablement l'oeuvre pornographique et passa vers le tableau suivant d'un mouvement vif. L'homme fit de même et sembla approuver ce jugement par mimétisme mais il se déplaça le tableau suivant plus lentement et plus pesamment comme s'il ne le voulait pas ; intrigué, avant de sortir de la salle, je jeta un dernier coup d'oeil à ce couple lorsque je surpris le jeune homme reculer d'un pas, faisant semblant d'observer le tableau convenable, il jeta un dernier et ultime regard sur le tableau de Courbet pour bien se rincer les yeux. Le tableau résolument moderne n'est pas encore accepté ; censurée par Facebook ; considéré comme pornographique par certains ; le tableau continuera à remuer les codes, à inspirer les foules et à réfléchir sur notre monde car il ne montre qu'une chose : la Vérité ; d'où le terme Réalisme du mouvement qu'on attribue à Courbet.
Le Cirque,  Georges Seurat, 1891

Nous continuons cette brève présentation du musée par un mouvement que j'ai commencé à apprécier pendant ma visite à Orsay : le pointillisme. J'ai découvert ce mouvement post-impressionniste par internet ou par l'intermédiaire des livres, en commençant par le célèbre cirque de Georges Seurat. Je dois avouer que dans un premier temps, je n'ai pas vraiment apprécié ce style de peintures, les points sont trop visibles et créent un effet de bruit télévisuel, ainsi qu'à cause des formes plutôt dérangeantes de Seurat, un des créateurs de ce mouvement avec Paul Signac. Le pointillisme ou divisionnisme repose sur l'utilisation de couleurs primaires en points ou en petits coups de pinceaux pour créer l'effet de couleur à partir du mélange interprété par notre cerveau, expliquant cet effet un peu bruité qu'on peut observer sur ces tableaux (voir Madame Hector France en bas à droite). La visite au musée d'Orsay a changé mon point de vue, la puissance de ce type de peinture s'observe difficilement à partir de photographies de plus ou moins bonne qualité.

Madame Hector France
 Henri-Edmond Cross, 1891
 Le Cirque de Georges Seurat est l'exemple du tableau que j'ai apprécié qu'à partir de la vision réelle au musée d'Orsay. Le travail méticuleux du peintre est assez colossal ; la recherche des couleurs s'observe lorsqu'on s'éloigne du tableau et ceci accroît notre sensibilité à la composition du tableau. Il en est de même pour Madame Hector France de Henri-Edmond Cross ; la pâleur sur la photographie ne rend pas compte des couleurs observées sur la vraie toile qui possède une véritable profondeur comme la plupart des toiles pointillistes. En tant qu'observateur, on recherche très souvent l'angle idéal pour admirer un tableau ; ici, on ajoute une troisième dimension : on observe le tableau sous plusieurs longueurs de distance ; il n'y a pas de position idéale, il y a juste plusieurs positions pour différentes impressions. La première, éloignée, permet d'avoir une vue d'ensemble, le mariage des couleurs et des formes prend vie et on admire l'élégance de Madame Hector France ou des fleurs situées en bas à gauche de la composition, on admire la perspective et la profondeur de la scène ; ensuite on se rapproche et les points deviennent plus visibles, les bords s'atténuent, les couleurs diffèrent obtenant ainsi un tableau presque impressionniste ; en se rapprochant d'avantage, on observe que les différents points si simples forment les couleurs observées précédemment, d'autres détails peuvent surgir puis on bouge encore en rejouant sur l'angle et l'éloignement. Ce sont des nouvelles méthodes de lecture que nous offre ce genre de tableau.

Saint Cecilia, John William Waterhouse, 1895

Nous finirons cette présentation par la salle d'exposition temporaire. La dernière en date est l'exposition sur les peintres de "l'art esthétique" au temps d'Oscar Wilde, où l'expression "l'art pour l'art" pourrait être leur profession de foi. Les artistes aux influences pré-raphaëlites [3] rendent hommage à la beauté sans se préoccuper de justification ou de signification aucune. L'exposition présente non seulement des tableaux mais aussi des objets d'art décoratifs, des robes et vêtements où l'influence de l'esthétisme a influencé. Un de mes peintres préférés, Waterhouse, d'origine pré-raphaëlite, prend souvent sujet des thèmes médiévaux ou de l'Antiquité comme celui présenté ici. L'autre tableau sublime de Waterhouse est la Dame de Shalott que l'exposition n'a pas le privilège de présenter [4]. Cette exposition temporaire plutôt courte ne possède pas beaucoup de grand chef d'oeuvre ou de peinture mais reste une exposition à aller voir (l'exposition n'est pas payante).

Ce qu'on peut noter, c'est que la salle d'exposition au musée d'Orsay n'est pas la meilleure. Pour l'avoir fréquentée plusieurs fois, il y a souvent une grande queue pour les expositions importantes (comme avec Manet cette année); la surface n'est pas très grande donc en cas de forte affluence, on se tasse facilement à plusieurs par tableau ; il y a des couloirs de faible largeur pour aller d'une pièce à l'autre où souvent est accroché un tableau où on aura des difficultés à accéder pour l'observer. Pour finir la dernière salle souvent trop lumineuse brouille notre attention et notre concentration à cause du bruit extérieur et de la lumière.


[1] Je déteste qu'on prenne des photos dans un musée mais là je n'ai pas résister, surtout que j'étais tout seul !

[2] Il y a un très bon reportage sur Arte http://www.dailymotion.com/video/xcxksn_l-origine-du-monde-1-2_creation ainsi qu'une conférence dans les archives en ligne du musée d'orsay http://www.musee-orsay.fr/index.php?id=634&L=0&tx_ttnews[tt_news]=27068&no_cache=1#tt_news27294

[3] Pre-Raphaëlisme : courant s'inspirant de la littérature médiévale et de la peinture italienne ; exemple de peintre : Millais, Waterhouse

[4] Voir ici http://fr.wikipedia.org/wiki/The_Lady_of_Shalott_(peinture)

mercredi 5 octobre 2011

Musée de l'orangerie


Le musée de l'orangerie est situé dans le jardin des Tuileries près de celui du Jeu de paume.

Anciennement une orangerie, le musée est aménagé, par l'intermédiaire de Clemenceau, pour recevoir les dernières oeuvres de Monet : les Nymphéas. Plus tard, l'autre partie du musée accueillera la collection que Paul  Guillaume léguera à l'Etat.

L'orangerie est située entre le Louvre et le Musée d'Orsay, et est sous l'égide de ce dernier. Contrairement aux deux mastodontes, le musée de l'orangerie est moins connu, moins fréquenté par les hordes de touristes et de visiteurs du dimanche. Il est donc agréable de venir et de se reposer sur une chaise longue du jardin des Tuileries en attendant votre partenaire de la journée. Le seul point noir est que pendant la bronzette, vous prenez en même temps une belle bouffée de particules et de gaz d'échappements des véhicules bourdonnant sur la place de la Concorde.

La visite commence par les deux salles ovales de Monet. On rentre par un pronaos (mot désignant le sas situé à l'entrée d'un temple tel le Narthex d'une cathédrale ! Ces mots qu'on apprend volontiers pendant l'exposition et qu'on ne tardera pas à ressortir aussi souvent que possible pour flatter notre ego) totalement nu de représentations, d'objets et de signes comme l'a voulu Monet. 4 toiles représentant les fameux Nymphéas reposent dans chacune des deux salles. Ces toiles majestueuses sont accrochées de manière que la base soit proche du sol; elles sont longues de 6 mètres environ et nous dépassent en taille ce qui fait que ces toiles se fondent dans une vision d'ensemble. Les toiles sont magnifiques et représentent les nymphéas de Giverny à différents endroits et à différentes heures de la journée. J'apprécie particulièrement celui avec les saules encadrant la toile.
Malheureusement, je n'aime pas trop la salle qui respecte probablement les volontés de Monet: il y a trop de lumière, trop de blanc qui font trop ressortir le réel du monde environnant étouffant les sensations perçues des toiles. Un guignol m'a demandé de me pousser pour prendre une photo de biais du tableau. Heureusement, que je partais sinon je l'aurai envoyé balader ce visiteur du dimanche. A quoi cela sert de venir dans un musée pour prendre des photos pourries qu'on ne regardera peut-être qu'une fois dans les 60 prochaines années ?? J'ai eu le même problème à Montréal où des touristes chinois m'ont demandé de me pousser pour prendre la pose ... En tout cas je souhaite à mon ami du dimanche un bon bus RATP (dans la gueule et à 80 km/h de préférence). Les cadres des tableaux sont plutôt moches, avec des belles taches dues à l'âge ?


La seconde partie du musée se situe au sous-sol où on découvre la collection de Paul Guillaume, un collectionneur et un marchand d'art autodidacte du début XXe qui a pris sous son égide un bon nombre d’artistes. Ses appartements à Paris sont plutôt coquets avec un nombre impressionnant de tableaux de maîtres. On y découvre des Matisse, des Gaugin, des Modigliani, des Picasso ..., la plupart des artistes est rattaché à l'école de Paris. J'ai découvert une peintre: Marie Laurencin (cf. ci-dessus à gauche) qui peint des femmes allongés, animales, très sensuelles; les couleurs pastelles tirant vers le gris donnent un ton suave ainsi que les yeux noirs sans pupilles, sans iris nous entraîne dans un monde presque féerique contrastant avec les pièces de viande de Soutine (ci-dessus à droite) ou les visages déformés comme les masques africains, de Modigliani qu'on peut tous découvrir pendant l'exposition.

La troisième partie du musée est une salle vidéo où est présenté un reportage retraçant la création des Nymphéas de Monet, projet précoce qui ne s'achèvera et aboutira que vers la fin de la vie de Monet. Le reportage d'une heure est plutôt bien fait racontant le contexte de l'époque qui a vu naître ces tableaux ainsi que la disposition des tableaux dans le musée de l'orangerie. La salle est sombre et le réalisateur du film a même eu la délicatesse de couper les différentes scènes du film par le même interlude INA où on peut voir une bombe de 5 Kt exploser dans un champ entraînant une gigantesque boule de terre giclant de part en part de l'écran; il a même eu la douceur de synchroniser l'image avec le son de la même bombe produisant donc une explosion sonore titanesque. Cette interlude qu'on peut voir 3-4 fois pendant le visionnage du film se produit au moment le plus opportun: juste avant la phase d'endormissement de chaque spectateur !

par Had

Nous avons donc un musée à dimension humaine, il suffit d'une après-midi pour tout visiter dans des conditions agréables (sauf guignol à photos). Il y a des artistes variés pour tous les goûts; ce musée se révèle donc être une alternative 100% gagnante du musée d'Orsay lorsque celui-ci est occupé d'une queue de 100 km de long dehors et de 20 km dedans. Il est surtout profitable lorsqu'on possède la carte MuséO qui permet d'entrer dans le musée de l'orangerie gratuitement (au lieu de 7€ en 2011).

mardi 14 juillet 2009

L'esprit du Budō, maison de la culture du Japon

Petite exposition sur les principaux arts martiaux japonais : Judō, Kendō, Kyudō (tir à l'arc), Karatedō, Sumō, Naginata, Shorinji Kempo, Aikidō, Jukendō (escrime à la baïonnette).

On y apprends l'évolution des écoles traditionnelles à un art martial moderne ancré dans l'éducation et la culture d'une population. L'exposition est bien structurée entre un film passionnant, des textes explicatifs non rébarbatifs et des expositions d'armes anciennes et d'entraînement d'aujourd'hui. Le tout dans un décor simple mais très esthétique.

On rencontre différents art martiaux peu connue dans le monde mais dont le nombre d'adhérents au japon n'est pas négligeable (Kempo, Naginata, Jukendo).

On y rencontre de très belles reproductions de casques et d'armures, d'apparat ou/et de guerre parfois versé dans la protubérance et l'exubérance.

lundi 1 juin 2009

Exposition habitat écologique



L'habitat écologique à la cité de l'architecture

Alors que la crise écologique et économique mondiale impose un tournant dans nos modes de vie, l’objectif de cette exposition est de donner aux professionnels et aux usagers, en particulier aux jeunes, l’envie de participer ensemble à ce challenge.


Après une mise en perspective des manifestations, ouvrages et projets qui ont marqué la pensée écologiste depuis un siècle, elle met en valeur l’approche holistique (globale et pluridisciplinaire) qui mène à un habitat ancré dans un territoire, socialement équitable, écologiquement soutenable et économiquement viable. De Wright à Murcutt, une vingtaine de projets, issus d’une même éthique mais transcrits dans des esthétiques variées, offre ensuite un panorama dans le temps et dans l’espace, qui va du low-tech au high-tech. La séquence consacrée à l’approche française rend hommage à dix pionniers avant un zoom sur de l’habitat intermédiaire, alternative éco-responsable à la maison individuelle. Les actions prospectives sont matérialisées par les résultats d’un appel à idées international et d’un concours pour étudiants lancés par la Cité. Les projets d’éco-habitat en cours et les réalisations environnementales du secteur tertiaire qui terminent l’exposition ont été choisis pour donner envie à chaque visiteur de passer à l’acte à son échelle. Entre les séquences thématiques, six « salons » donnent la parole à des scientifiques et des acteurs du bâtiment. Une écothèque met à la disposition des visiteurs ouvrages et informations sur la construction éco-responsable. Sensibilisation et formation sont destinées à tous : les enfants au sein de l’atelier pédagogique « N’en jetez plus » ; les usagers dans le cadre de cours publics ; les professionnels à travers des séminaires thématiques, des conférences, des tables rondes et des films. Grâce à de nombreuses manifestations associées, cette exposition rayonne déjà depuis le printemps 2008 sur le territoire national pour favoriser le partage des connaissances.

Exposition présentée par la Cité de l’architecture & du patrimoine / Institut français d’architecture, avec le soutien de Bouygues Immobilier, Fondation EDF, Saint-Gobain

http://www.citechaillot.fr/exposition/galeries_d_expositions_temporaires.php?id=85

A l'approche de l'exposition, on observe des petites photos en basse résolution et une horde de texte. Mauvais présage.

Après l'introduction gratuite, on a le droit à "La Démarche holistique", mot compliqué que j'ai appris pour les phénomènes sociaux, caractérise ici une approche systémique de tous les acteurs de l'habitat, constructeurs, ingénieurs, architectes, menuisiers, habitants, dans la réalisation et la construction de l'habitat éco-responsable, éco-durable et éco-fourre-tout. Ok, moi j'opte la démarche pragmatique éco-sanitaire, faire caca dans les WC, c'est éco-propre.

Ensuite vient, les précurseurs des courants socio-architecturales comme Frank Lloyd Wright qui a créé l'habitat organique, qui considère l'habitat comme un organe important dans la vie biologique et sociale des individus. C'est la partie la plus intéressante de l'exposition, l'habitat organique ou la communauté dirigé par un chef spirituel... M'enfin pourquoi pas ? N'empêche que si le boss n'est pas yoda, les dérives sectaires peuvent pointer le bout de leurs nez.

Après, on a le droit à d'autre architectes du monde entier, ainsi que de l'école française. A partir de là, on se rend compte que l'exposition se résume à du blabla par paquets de deux cent lignes sur du papier recyclable, où les trois quarts des textes sont inutiles. Andrew X est né à machin, il a fait l'école d'architecture de Nantes et a crée la fondation trucmuche ... Vient ensuite un exemple d'une des maisons et une explication de cet exemple.

Ou est le caractère écologique, environnementale là-dedans ? On nous abreuve de maisons de 500m², très beautiful esthétiquement, très ouvert, intégrant tous les caractères de l'urbanisme moderne et utilisant les ressources du terrain avoisinant. Et c'est cela sur 200 panneaux, on rêve d'habitat éco-responsable, de 200m², sans murs, avec que des vitres etc ...

Ou est l'éco-durabilité ? Ca tue tout à l'instant t=0.1 mais dans 3 mois, qui va nettoyer les 3 hectares de vitres ? Comment entretenir cet habitat face aux intempéries, à la mousse, à l'environnement agressif des villes et de la nature ?

L'exposition se résume à un déballage d'un livre d'architecture style mobilier d'ikea, on rêve d'habitat mais on ne réfléchis pas à notre empreinte éco-humaine. Je n'attendais pas grand chose et finalement l'exposition ne m'a rien apporté. On n'y apprends rien et on en ressort exténué par la lecture rébarbative et le vidage de crane façon chasse d'eau.

Circulez, il n'y a rien à y s'éco-éduquer !

samedi 28 mars 2009

Dvâravatî : aux sources du bouddhisme en Thaïlande

Hier soir comme il y a deux mois, je rencontre une personne qui engage naturellement la conversation dans un espace non dédié à des échanges spontanées et instinctives. C'est à dire dans le pot de l'ENS et dans la rue en sortant du métro.

De la première conversation, il est sorti que je devais visiter le musée guimet et de la seconde que euh... chanter dans le métro c'est le malll (c'était pas moi...).

Au musée guimet,

Nous sommes allé voir l'exposition sur la civilisation Dvâravatî. Comme la majorité des personnes, la première réaction : Dvâravatî ? Une civilisation ? Ah bon, civilisation égyptienne, aztèque, incas, européenne... Je ne vois pas de Dvâravatî. Et oui, comme le disait la personne que j'ai rencontré, qui enseigne l'histoire de l'art italien, "l'art est eurocentrique". Au japon, certains raffole de la période Rococo française ou de l'art vénitien. Mais en Europe, que connait-on des civilisations asiatiques ? Pas grand chose en réalité.


Situé en Indochine (Thaïlande), cette civilisation perdurait du VIe au XIe siècle. L'art qu'ils nous ont laissé est profondément bouddhique. On ne dispose que peu d'informations sur cette civilisation à part les sculptures, les œuvres laissés qui perdurent dans le temps. Cette civilisation s'est indianisé puis s'est perdu sous la domination Khmer.

Quelques photos de l'exposition ici : http://www.flickr.com/photos/lilipop/sets/72157615727638629/



On y observe les fameuses roues de la loi, le Dharmachakra.

Des représentations diverses du bouddha est représenté ainsi que certains passages de la vie et du récit de bouddha. On y apprend quelques positions des mains si chère à nos politiques d'aujourd'hui. Par exemple : le Vitarka-Mudrâ, ou mudrâ de l'enseignement et de l'argumentation. En position debout ou assise, la main droite est relevée au niveau de l'épaule et le pouce forme avec l'index un cercle, les autres doigts étant relevés. Le bras gauche est au niveau de la taille, la main effectuant le même geste ou parfois la paume tournée vers le haut.



Belle exposition, le seul reproche est le manque d'explications pour néophytes. Ils étaient avare en étiquette...
J'ai failli signé Dolphine et Marek mais la dame du musée m'a regardé avec des yeux de merlan frit en criant sisi il reste de la place ICI ! (Le livre d'or était déjà plein à craquer)