Affichage des articles dont le libellé est Littérature. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Littérature. Afficher tous les articles

mardi 13 mars 2012

La Tour Sombre-1, le pistolero


Stephen King , 1982.

 L'homme en noir fuyait à travers le désert, et le pistolero 
le poursuivait.

On connaît Stephen King pour Shining, pour Carrie ou pour le clown déjanté qui a fait peur à nombre d'entre nous lorsque l'on était enfant. Pour certains, Stephen King est le digne successeur de Lovecraft ; il est l'auteur de livres d'horreur fantastique à ne pas louper de la fin du XXe siècle ; et pour d'autres il est aussi le scénariste de bon nombre de film à caractère plus ou moins douteux. Quoi  qu'il soit, le seul roman que j'ai lu est Dreamcatcher et je n'ai absolument pas réussi à l'apprécier. J'ai donc retenté une nouvelle, et peut-être dernière tentative, lecture d'un de ses livres en prenant soin de choisir une de ses oeuvres les plus adulées, qui étrangement diffère du caractère horrifique caractéristique de l'auteur : la Tour Sombre. A tort ou à raison ? Nous allons le voir dans le premier tome de la série : Le Pistolero en version française.

L'écriture du cycle de la Tour Sombre s'étale sur des dizaine d'années. Cela commence comme bon nombre d'auteur fantastique dans les années 1970 par la lecture du Seigneur des Anneaux de Tolkien. King comme bon nombre d'auteur de cette époque fut influencé par le linguiste et décida de créer sa propre épopée à 19 ans. Il commença le cycle au début de sa carrière et ne le finira qu'au début du XXIe siècle. Ce sera surement un cycle qui aura marqué l'auteur tout au long de sa vie. King le décrit comme un mélange entre le Seigneur des Anneaux et un monde western spaghetti à la Sergio Leone tout en ayant des connexions avec le monde actuel... un vrai foutoir qui commence par le pistolero.


Dans un monde post-apocalyptique de far-west américain, Roland de Gilead poursuit sans répit l'Homme en Noir. Il fait partie des pistolero, une caste de tireurs d'élite censée faire régner l'ordre et la justice. Mais les temps ont changé, il est le dernier des pistolero ; ses camarades et maîtres sont tous morts il y a bien longtemps. Il ne reste d'eux que les souvenirs de son enfance et les cicatrices du passé. A travers un désert asséchant et un village menaçant, il poursuit un homme dont on ne sait que peu de choses. Certains disent que c'est un magicien, d'autres un faiseur de miracle mais la seule chose qu'on sait à coup sûr, c'est que le pistolero le poursuit afin de le tuer. L'Homme en Noir est la quête. Il fuit Roland en semant les graines de la discorde, créant le chaos dans le coeur des hommes, nuisant à la traque de Roland. Mais il ne veut pas le distancer, il laisse consciencieusement les traces de son passage. Roland sait qu'il l'attend. Mais la ville, l'église, le désert et l'homme en Noir ne sont que des étapes vers la Tour Sombre.

Livre assez mystérieux, j'avoue que je suis pas un habitué des monde far west fantastique, mais après les trois premières pages, on s'y fait à ce décor étrange, ébranlé par un monde cassé et détruit par l'inconnu. Le livre ne répond à aucune question ; il pose l'univers du pistolero à travers des flashback de son enfance et les localités visitées. La réussite de King est d'avoir su dans ce livre créer une atmosphère étrange d'apocalypse, un monde peuplé d'humains faibles d'esprit, se laissant aux pulsions primaires qui les gouvernent ; les personnages principaux sont intéressants et les secondaires le sont tout autant. C'est une très bonne découverte d'un auteur dont je n'attendais pas vraiment grand chose. Il est dommage que les livres du cycle ne soient pas constants, j'ai lu le Tome 2 et il est moyennement bon.

4/5

Source des images :
Photo 1 :  www.latoursombre.com
Photo 2 : Averain

mardi 31 janvier 2012

Spin

Spin


Roman Science Fiction
Robert Charles Wilson


Spin est un roman de Robert Charles Wilson, publié en 2007 en France. Il obtint le prix Hugo en 2006 et le Grand prix de l'Imaginaire en 2008.

Synopsis
Dans un futur proche, un évènement soudain coupe la Terre du reste de l'univers ; une enveloppe artificielle et opaque entoure notre planète d'une barrière aux propriétés particulières. Ce phénomène appelé Spin stupéfie la population terrienne provoquant interrogations et angoisses envers un avenir incertain. On suit principalement Tyler Dupree ainsi que ses deux amis d'enfance, Diane et Jason Lawton, dans une course pour la compréhension du Spin et de la survie de l'humanité face à la croissante dégénérescence du bon vieux Soleil ...

Dans ce livre, on accompagne les tribulations de héros mais ce n'est pas un livre d'aventure. On assiste à des découvertes scientifiques sur les propriétés du Spin mais ce n'est pas un livre de science fiction classique. C'est pour moi un livre sur les relations humaines, sur l'identité de soi, sur les rapports les uns aux autres dans un contexte de science-fiction prégnante ; c'est l'histoire d'une grande aventure humaine sur une Terre éloignée dans le temps si mais proche technologiquement et sociologiquement qu'on ne pourrait le distinguer de notre monde actuel. Et c'est dans ce monde qu'un jour apparaît le Spin, une membrane séparant métaphysiquement la terre du reste de l'univers ; une membrane perméable qui ne change pratiquement rien aux propriétés physiques terrestres ; les hommes restent des hommes et la technologie n'y est pas modifiée ; seules les étoiles demeurent invisibles pendant qu'un soleil artificiel et virtuel, indistinguable de celui de notre monde, éclaire toute la planète. Pourtant les protagonistes et les hommes vont entamer une quête du soi ; luttant pour avancer et continuer dans un monde où l'ambiance a l'air de tendre inexorablement vers l'apocalypse sans le rencontrer ni l'atteindre. Le Spin a créée une "fausse" séparation entre les coeurs des hommes, comme entre la Terre et l'espace, engendrant un certain état dépressif ; les hommes, au lieu de regarder les étoiles, se sont observés entre eux et en eux ; ils y ont vu la Mélancolie, oui ce livre est pour moi un roman sur la Mélancolie du Futur [1].

La diégèse est portée principalement par le héros Tyler Dupree, se trouvant dans le présent en 4x10^9 ap. J.-C., soit quelques années sur Terre après le Spin, Tyler étrangement malade raconte et se remémore une partie de son passé, ses souvenirs avec Diane et ceux avec Jason. Enfant, il réside dans la résidence d' E.D. Lawton, ami de son défunt père, riche et puissant industriel qui jouera un rôle important, par son lobbying, dans les décisions du pays après le Spin. Sa mère est domestique chez les Lawton ; ils vivent dans une petite maison près de la Grande maison et Tyler joue souvent avec les deux enfants et ces amitiés d'enfance créeront un lien qui durera jusqu'à la fin. L'enfance décrite n'est pas fleur bleue, c'est une histoire comme les autres dans une ambiance à l'atmosphère sereine jusqu'à la séparation. Le Spin va masquer le soleil, cacher les étoiles et faire tomber les satellites au delà de l'orbite du Spin. Cette apparition marquera la première séparation entre la Terre et l'Univers ; mais cette disjonction n'est pas que physique ; l'autre d'importance similaire sera plus affective, Tyler en grandissant va poursuivre son chemin alors que Jason et Diane vont suivre les leurs ; une séparation entre un passé bienveillant et sécurisé et un futur chancelant et angoissant ; le début de la mélancolie. C'est dans un contexte d'épopée scientifique que se développe l'épopée familiale tout aussi importante.

Couverture folio SF
Le spin
Ce livre soulèvera beaucoup d'interrogations du lecteur comme des héros : Qu'est ce que le Spin ? D'où vient-il ? Pourquoi est-il présent ? On apprend que c'est une membrane perméable et opaque protégeant, séparant et coupant la Terre du reste de l'univers par le temps et non l'espace. On peut envoyer des satellites vers l'extérieur mais ils reviennent quasi instantanément hors d'usage, consumés par l'âge. En effet, le temps s'écoule différemment lorsqu'on est à l'extérieur du Spin ; il avance beaucoup plus rapidement qu'à l'intérieur ; ce différentiel temporel est si important qu'un évènement majeur va précipiter les choses sur Terre ; le soleil vieillit beaucoup trop rapidement et son atmosphère commence à grossir jusqu'à que son manteau ardent menace d'envelopper la Terre. Le spin peut avoir plusieurs significations ;  en anglais spin peut correspondre à l'effet de rotation d'un objet ou à la propriété quantique d'une particule. Lors d'un évènement qui mettra à défaut le spin, une fugace transparence laisse entrapercevoir les traînées des étoiles, dûes au différentiel de temps, sur la voûte céleste ; les étoiles n'étant pas statiques expliquant le phénomène. Ce différentiel temporel peut s'expliquer par la relativité générale où la vitesse de rotation de la terre doit s'approcher celle de la lumière. Le spin caractérise aussi une propriété intrinsèque aux particules, ici celui-ci va s'appliquer à la Terre et aux hommes. Propriété quantique gouvernée par le principe d'incertitude d'Heisenberg [2] : Où sommes-nous ? Quel est l'avenir de l'humanité ? Les hommes sont face à une épée de Damoclès invisible et doivent s'organiser et faire des choix.

Civilisation
Jason, génie de père en fils, va poursuivre son chemin vers la compréhension scientifique du phénomène. Il rejoindra grâce à son père le groupe de scientifiques à Périhélie chargé d'une expérience de grande échelle. Tyler ira faire des études de médecine payées gracieusement par les Lawton alors que Diane se perdra dans une de ces nombreuses sectes post-Spin qui ont pullulé sur la Terre. Les relations entre les différents personnages s'articulent convenablement autour du récit ; l'histoire de l'amour refoulée entre Diane et Tyler est distillée à travers la narration qui permet de ressentir l'état de déconstruction de la civilisation à plusieurs laps de temps après le Spin. On y voit des personnes désenchantées, des sectes extrémistes mais l'apocalypse n'y est pas présent ; certains endroits sont encore des paradis, où on peut y vivre tranquillement mais une certaine mélodie trotte dans la tête, une certaine mélancolie d'un passé révolu.

Périhélie (Spoiler lire [3])
Grâce au différentiel de temps, une expérience de grande échelle a été initiée par Jason : celui de terraformer Mars pour y implanter la vie. En effet, sous le Spin, on peut observer le changement d'atmosphère, le développement d'espèces végétales à une vitesse accélérée ; et donc il est permis de voir la fin de la terraformation bien avant la fin d'une génération. L'expérience de Périhélie sera une des nombreuses tentatives de porte de sortie que les humains essaieront pour sortir de la réalité du Spin.

Conclusion
C'est un des livres que j'ai eu plaisir à lire. Je suis fan du genre épopée scientifique à travers le temps où on décrit la dimension humaine et sociologique d'une part, et la dimension scientifique et technologique d'autre part. A l'instar de ce livre, je ne peux que vous conseiller un des auteurs de la vieille génération ; Robert A. Heinlein où dans Histoire du futur et dans lequel par l'intermédiaire de plusieurs nouvelles sans liens apparent, il décrit l'histoire de la conquête de la lune puis de l'espace par l'humanité, tout en contextualisant la dimension sociologique des évolutions technologiques. Les prix écrits sur le bordereau rouge m'ont attiré l'oeil et je n'en sors pas déçu. Bien que les romans sont écrits sous une forme de Trilogie, je ne m'attendais pas à la fin du roman l'idée d'une suite. La fin, bien qu'ouverte, s'articule bien comme fin générale. Le seul bémol que je peux émettre est représenté par les passages post-martiens sur la renaissance que je trouve plutôt moins bien rendus. C'est pourquoi, je n'attends pas de lire le livre suivant, Axis, avec impatience mais j'irai quand même le lire un jour avec un très grand plaisir.

Subjectivement 4.5/5

[1] Mélancolie du futur http://www.cafardcosmique.com/La-Melancolie-du-Futur
[2] On ne peut connaître précisément la vitesse et la position d'une particule en même temps
[3] Ce paragraphe livre quelques passages clés sans révéler la majeure partie du livre








samedi 14 janvier 2012

Talk To the Snail

Talk to the Snail

image Amazon


Un guide pour visiter la France en tant que touriste, par Stephen Clarke, un auteur britannique célèbre pour ses livres humoristiques sur les français.

thou shalt be wrong
thou shalt not work
thou shalt eat
thou shalt be ill
thou shalt speak french
thou shalt not sing
thou shalt not know
thou shalt not love thy neighbour
thou shalt not be served
thou shalt be polite
thou shalt say 'I love you'

Voici les chapitres que vous trouverez dans le livre. Des commandements pour toute personne non française visitant ou vivant en France. Condensé de clichés et de lieux communs qui pourtant dans la plupart des cas sont proches de la réalité. Le livre est servi avec un bon humour ; à la fin de chaque chapitre un guide vous permettra de prononcer des phrases toutes faites en français avec un patron de prononciation en anglais : Vouvou pr'nay porky ? (Vous vous prenez pour qui ?) Pas vraiment rigolo les mots utilisés reflètent tellement bien la prononciation des anglophones, en particulier un américain que je connais où le simple fait de penser au "porky" est associé à une image où il prononce nonchalamment cette phrase. Le livre est plutôt inégal, si on est plié en deux sur certains chapitres, d'autres vous laissent de marbre ; l'auteur perd parfois de son mordant humoristique pour une admiration un peu platonique.

Au final, le livre ne plaira pas à tout le monde mais il est intéressant de le lire ou de se le faire prêter ... en anglais bien entendu.

3/5

samedi 24 décembre 2011

L'Anneau Monde

L'Anneau Monde de Larry Niven est le premier tome d'une petite saga de science-fiction, qui reçut le prix Hugo en 1971.

Couverture
Louis Gridley Wu arrive à son deux centième anniversaire, ancien baroudeur et aventurier, il s’ennuie ferme sur la planète Terre. L'avantage technologique qui permet d'aller n'importe où en un instant, grâce à une cabine téléphonique, s'est retourné en une homogénéisation culturelle où tout le monde fait la même chose partout dans le monde. Pendant cette vie uniforme, il reçoit la visite d'un marionnettiste, un individu d'une race extraterrestre considérée comme disparue, celui-ci lui demande de participer à une expédition vers les mondes extérieures des limites connues humaines. Louis et Nessus le marionnettiste seront accompagnés d'une terrienne, Teela Brown, et d'un représentant d'une autre race extraterrestre plutôt agressive : les Kzins. Ensemble, ils vont visiter un objet dont les dimensions colossales feront trembler même les marionnettistes, qui sont la race la plus évoluée de l'univers connu.


Le livre, bien qu'il ait reçu le prix Hugo n'est pas le meilleur d'un point de vue scénaristique, ni d'un point de vue littéraire. La quête part vite à une exploration des plus banales, soutenue par un style pas vraiment convaincant. Malgré ces défauts, le livre est très intéressant à lire car il apporte pas mal de nouvelles idées de technologie et de sociologie de science-fiction.


Dans un premier temps, l'objet colossale fait penser aux travaux de Freeman Dyson qui s'intéressa pendant les années trente à trouver le moyen optimal de collecter l'énergie solaire. Il imagina une méga-structure connue sous le nom de sphère de Dyson permettant de collecter toute l'énergie de l'étoile ; cette sphère recouvrant la totalité du Soleil à une distance optimale de sa surface. Une version plus "réaliste" peut-être représentée par un anneau au lieu d'une sphère, ce qui est le cas de notre livre. Cette structure colossale fait rentrer le roman dans le genre BDO pour "Big Dump Object" : 2.10^30 grammes, 1250 km/s, rayon = 1UA = 1.54 x 10^8 km, superficie = 1.6.10^15 km soit trois millions de fois la superficie de la terre ... De quoi être complètement abasourdi par la dimension de l'anneau.

Une autre idée intéressante est génétique : attention spoiler du début du livre ! Une des membres de l'équipage a été choisi à cause de sa chance. A cause de la surpopulation, le nombre d'enfants est limité. Pour pouvoir procréer, un des moyens possible est de gagner à la loterie ! Et au bout de plusieurs générations, une famille, un groupe d'individus seront avantagés par hérédité à cause de la loterie (du moment qu'on accepte que la chance est génétique) d'où la présence de Teela dans l'équipage. Cette particularité entraîne des situations plutôt intéressantes que l'auteur utilise avec un peu trop de parcimonie.

Au final, nous avons un livre avec beaucoup d'atouts venant de l'imagination de l'auteur. L'histoire des différentes races, la chronologie des évènements et la dimension post-apocalyptique de civilisations disparues nous offrent un univers intéressant; il est dommage que l'auteur n'arrive pas à en tirer toute la substance à cause d'un scénario peu développé et d'un style trop léger.

3/5

jeudi 17 novembre 2011

Harry Potter

Harry Potter and the Philosopher's stone

It is a truth universally acknowledged, that a single man in possession of a good fortune, must be in want of a wife. [1]
Ah non, je me trompe de roman...

Once upon a time ... in a magical land of Equestria, they were two regal sisters who ruled together. [2]
Ah zut, ça ne commence pas comme ça ! On dit toujours que la première phrase est capitale pour sentir le reste du roman. Celle de Jane Austen est vraiment bien, voyons celle d'Harry Potter :
Mr and Mrs Dursley, of number four, Privet Drive were proud to say that they were perfectly normal, thank you very much.
Ah voilà !

Le premier tome d'Harry Potter. J'ai vu les films. Il me manquait les romans. Et quoi de mieux qu' Harry Potter pour pratiquer facilement l'anglais ? Pas vraiment à vrai dire... pratiquer oui , facilement non. Commençons par le commencement.

Topic
Le premier tome installe l'univers du jeune magicien. Des parents qui ne le sont pas vraiment, un monde banal et classique similaire au nôtre où tout ne tourne pas comme on le voudrait ; mais dans ce monde séculaire et désenchanté il existe des magiciens vivant à la vue et à la barbe de tous, seuls certains élus sont capables de voir et d'utiliser la magie. Harry Potter, descendant biologique de magiciens, va pouvoir entrer dans ce nouveau monde magique ; dans ce voyage initiatique à l'école des sorciers, il s'y fera des amis et des ennemis dont le célèbre Voldemort [3]. Mais faut-il vraiment résumer ce livre puisque tout le monde l'a lu ou vu ?



Review
L'histoire est simple et facile à lire. Les premiers chapitres sont plutôt intéressants et drôles avec un vocabulaire fourni et recherché ; le milieu du livre met en place l'école, les règles, les élèves et la fameuse épreuve du Quidditch. La fin du roman déroule l'intrigue jusqu'à son épilogue légèrement capillo-tracté [4]. Efficace mais difficile de trouver de quoi se mettre sous la dent lorsqu'on a déjà vu le film plusieurs fois, tout y était et rien ne manquait. C'est un livre pour l'instant intéressant pour les enfants mais j'attends de voir la suite.

Do you speak English ?
chortle, squeak, heap, hiss, jostle, sidle, screech, squeal ... L'anglais est bourré de verbes qui n'ont pas forcément d'équivalents en français. J'ai l'impression qu'ils peuvent conjuguer n'importe quel mot pour le transformer en verbe là où nous utilisons une floraison d'adverbes ou d'adjectifs. Je ne compte plus le nombre de fois où j'ai cherché dans le dictionnaire un verbe qui avait pour signification "siffler" pour des utilisations différentes et quasi similaires... Le livre est particulièrement riche en vocabulaire, surtout au début du livre. Il est indéniable qu'on apprend pas mal l'anglais par ce biais mais il faudra prendre le temps de bien chercher dans son dictionnaire. Les combinaisons et le phrasé sont bien pensés mais il est dommage que l'auteur retombe vers un style simpliste vers la deuxième moitié du livre.

Conclusion
Le tome suit parfaitement le premier film ou plutôt l'inverse ! L'histoire est simple, l'univers est bien décrit mais il manque pour nous adultes les détails, la complexité et les relations d'un monde plus mature. Il est indéniable que cette série sera pour beaucoup d'enfants, un monde riche, fantastique qui les porteront dans le monde de la littérature fantastique. Mais en tant que puriste, il ne saura détrôné Lord of the Rings avec ses poèmes, ses gestes et le style plus littéraire de Tolkien.

2.5/5

PS : Il faut noter que le tome en VO est assez cher par rapport au poids en gramme. On comprend qu'elle est devenue très riche en peu de temps. J'hésite à passer en mode à vache à lait pour la suite des tomes.

[1] Pride and Prejudice, Jane Austen
[2] My Little pony : Friendship is magic (!)
[3] En Français dans le texte
[4] Spoiler  : Du point de vue des comptage des points de Gryffindor

jeudi 10 novembre 2011

Après le tremblement de terre



Recueil de nouvelles d'Haruki Murakami narrant le destin de différents personnages qui ont été touchés par le tremblement de terre de Kobe en 1995. Cette secousse ne leur a pas causé de blessures physiques mais elle a remué suffisamment chacun de ces êtres pour que leurs équilibres en soient modifiés. Chacun d'entre eux ont gardé plus ou moins longtemps un vide, un trouble qui sont apparus dans leurs vies jusqu'à ce qu'une personne vienne les secouer de nouveau dans l'autre sens pour faire redescendre le poids qui s'était logé au fond de leur coeur.

A chaque nouvelle, l'auteur décrit le destin parfois banal, parfois moins commun, de personnages qui ne nous marquent pas, ni nous éblouissent de leurs particularités. Quelques semaines après avoir lu la fin du livre, on oublie certains noms ; on se rappelle de certains personnages complètement fantaisistes mais on retient le poids, que chacun de ces personnages portait en eux, et qui se balance éternellement engendrant des coups de semonces résonnant jusqu'au fond du lecteur ; le poids est passé du personnage au lecteur, transfert de pathos aliénant, laissant un goût indélébile mais fugace sur notre langue. Murakami arrive à nous transporter vers une dimension qui nous semble si loin du nôtre mais qui parfois se cache derrière notre ombre.

5/5

A lire : un article présentant l'ouvrage bien mieux écrit que moi.
http://insideadream.free.fr/evasion_index.html

mercredi 19 octobre 2011

Série Anita Blake

Laurell K. Hamilton

Livre IV (16/10/2011)
Lunatic Café
Que de temps depuis mon premier Anita Blake ! Pourtant j'ai l'impression que c'était hier. A chaque épisode de ses aventures, le titre correspond à un lieu. Ici, un banal café où se rassemble la meute de la ville sous le contrôle du mâle alpha Marcus.

Rien de nouveau, dès les trois premiers chapitres, l'auteure met en place son scénario : 3-4 affaires à gérer simultanément ainsi que des problèmes de coeur avec son petit copain Richard. La moitié du livre se consacre à des discussions complètement futiles entre Anita et Richard; oeuvre de femme pour femme ? Ce Richard est un lycanthrope et Anita a de plus en plus de mal à l'accepter ; les babines au lit ce n'est pas terrible; quoique dans certaines situations ça pourrait peut-être aider à aller vers des plaisirs étonnants ... Pendant ce temps le maître vampire, Jean-Claude, lui fait des avances; que de beaux hommes pour la belle Anita ! En plus de ces problèmes d'importance, elle doit enquêter sur les disparitions de métamorphes, un meurtre, ainsi qu'une demande d'interview avec un rat-garou ; rien que ça !

Il est dommage qu'il y ait beaucoup trop de dialogues d'un niveau intellectuel proche du fond du gouffre ... Heureusement que l'intrigue, que l'auteure a tendance a oublié, reste toujours très accrocheur. En retirant les petites causeries, on aurait pu condenser les parties intéressantes du livre sur à peine 100 pages. Contrastant des mièvreries de mademoiselle, les phases de tensions entre Anita et certains monstres sont plutôt réussies ; par exemple lorsqu'elle se retrouve acculée face à un loup-garou trop agressif dans l'arrière salle du Lunatic Café ; la question presque cornélienne ne devient pas évidente pour le lecteur : initiative ou pas initiative [1] ? La vengeance qu'elle entreprend à la fin est aussi un pur délice qui permet au livre de sortir des codes d'un genre littéraire candy et rose bonbon. Malgré tout le livre est toujours écrit comme un vulgaire roman de gare et la question est : pourquoi donc j'achèterai le tome suivant ? Je ne sais pas mais je l'achèterai.

2.5/5


[1] Baston ou pas baston
------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Livre III (1/01/2010)
Le Cirque des Damnés
Troisièmes opus des aventures d'Anita, comme d'hab. c'est le bordel dès le départ.

/!\ Spoils léger
Un groupe d'humains "anti-vampires" tente de trouver la cachette du maître de la ville, jean-claude, et compte sur Anita pour révéler son nom et sa localisation. En fuyant ces énergumènes, elle tombe sur un groupe de vampires dont le chef est vieux de plus de 700 ans. Le lendemain, elle rencontre, la personne qui est derrière Humains Contre Vampires, le groupe d'humains fanatiques : Mr Olivier qui se révèle être un vampire vieux de plus d'un million d'année. Et là le livre vire au n'importe quoi. C'est sens dessus dessous. On se demande comment Jean-Claude, un pauvre petit-vampire de 200 ans résiste à une horde de créatures ultra puissants ayant vécu depuis le berceau de l'humanité. Anita va de Charybde en scylla, et tel deus ex machina trucide 2 vampires en 2 un combo deux coups, 300 000 points de dégâts.

On arrive à une surenchère d'ennemis de plus en plus puissants, comme un gosse qui tente de crier plus fort que son petit copain pour savoir qui est plus fort que l'autre.
- Le mien, j'ai couteau en dents de requins ! et jte coupe !
- Bah moi j'ai une épée à deux mains !
- Et bah moi j'ai un pistolet ! Et ton épée, elle sert à rien !
- Et bah moi j'ai un fusil
... (X 10)
- Et bah moi j'ai un missile atomique
Le livre ne s'arrête là pas à la bombe atomique dans cette course à la super-puissance. En trois livres, on passe de Dragon Ball à Dragon Ball GT, où les héros commencent par casser des rochers et finissent par détruire des planètes avec des boules d'énergie. La fin est encore plus abrupte que le commencement : s'il fallait 3 livres pour sortir le plus puissant des vampires, il faut 2 pages pour le tuer. C'est du grand n'importe quoi.
4/10

------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Livre II (26/08/2009)

Le Cadavre Rieur
Deuxième opus des aventures d'Anita Blake.
L'aventure commence sur les chapeaux de roues, Anita se voit démarcher pour réveiller un zombie multi-centenaire, nécessitant un sacrifice humain. Un super Zombie assassin sème la panique dans la ville, ce qui l'amène à rencontrer Dominga Salvador, une prêtresse vaudou qui va lui en vouloir beaucoup. Quant à Jean-Claude, le nouveau maître vampire de la ville, il désire ardemment la petite tueuse comme servante et amante. En gros, c'est le bordel et la petite Anita va se retrouver avec trois grosses affaires à résoudre en trois jours et en même temps.

Exprimé de cette manière, l'histoire a l'air kitch, très série B et SF bas de gamme mais l'auteure réussit à brasser tous ces ingrédients pour en créer un velouté exquis et glaçant. La cohérence de l'histoire, épicée par la richesse et la complexité de l'univers, rend l'atmosphère lourde, stressante et on déguste le livre sans laisser l'assiette froide.

Le personnage, Anita, est un cas particulier. Elle reste un peu moins soumise dans cette opus, elle se fait malmenée très souvent par des malabars deux fois plus costauds qu'elle (facile avec 1m60), mais ne reste pas en moins passive et elle sait morde lorsqu'il le faut, à coup de pied là ou ça fait mal et de gros calibre bien placé. Cette fragilité et cette force de l'héroïne la rend très attachante. J'aime surtout ses coups de gueules sur les habitudes sociologiques et de mode des gens un peu plus normaux. Les autres personnages sont tous aussi bien soignés : Jean Claude le vampire, plutôt discret dans cet épisode, est énigmatique et enivrant.

La maturité ressentie sur les deux premiers tomes fait que la série des Anita Blake est une œuvre à lire absolument!
9/10

------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Livre I (01/2009)

Plaisirs Coupable 
Une aventure d'Anita Blake, tueuse de vampires.
Avec ce titre, on pourrait penser qu'il s'agit d'un énième livre traitant d'un vampire killer au nom d'Alucard mais il n'en est presque rien.
Les vampires sont maintenant intégrés dans la société, les hommes sont conscients et approuvent légalement leur existence ainsi que la plupart du bestiaire fantastique : loup-garous et autres monstres. Ils ont même une église : l'église de la vie éternelle seule église promettant l'immortalité et qui bien sûr est la seule pouvant la réaliser ! Anita Blake n'est pas une tueuse de vampire par passion mais mais c'est le boulot qui le veut qu'elle s'occupe des vampires renégats. Son métier principale est réanimatrice, elle relève des zombis.

L'écriture n'est pas des meilleures mais reste agréable et facile à lire. L'univers reste classique mais original dans l'approche. La chose intéressante est le rapport entre l'héroïne et les autres personnages. Elle est plutôt cynique envers le monde "mainstream", concordant avec une philosophie un peu gothique. Bien que surnommée l'exécutrice, elle reste souvent en position "soumise" par rapport aux autres. Elle craint, elle a peur et a des sueurs. Il s'établit alors un rapport dominant/dominé, Maître/servante qui s'inversant et changeant au fur et à mesure du livre ; on perçoit donc un lien bidirectionnel, presque sensuel entre le le Maitre et le servant rendant la chose beaucoup plus intéressante.

Quelques rares situations improbables, le style un peu épurée manque de puissance qui fait la force des vampires d'Anne Rice mais pour ce premier bouquin, l'histoire et l'univers sont vraiment intéressants pour qu'on (que je m') s'intéresse à la suite.

8/10

samedi 15 octobre 2011

Mon premier Arsène Lupin ! Tout le monde en France connaît le célèbre gentilhomme cambrioleur mais peu nombreux sont ceux qui en ont lu un ! Arsène Lupin adapté, réadapté en série télévisée, en téléfilms et en films puis réinventé par le maître Miyazaki en série animée puis en film d'animation, sera un des plus célèbres personnages du XIXe à l'instar de son Némésis virtuel Sherlock Holmes !

Arsène lupin est un personnage inventé par Maurice Leblanc (né à Rouen ! Ouais ! ) au XIXe siècle. Bourgeois aussi rusé qu'intelligent, il s'en prend aux riches pour s'en remplir la panse d'une part et pour venir en aide à la veuve et l'orphelin d'autre part (surtout si la veuve est jeune et jolie, hein ! ). Il aura pour ennemi littéraire Sherlock Holmes écrit par Sir Arthur Conan Doyle; Maurice Leblanc a même eut l'audace d'écrire un Arsène Lupin contre Herlock Sholmès où il ridiculise le célèbre détective vexant par la même occasion l'auteur britannique.

Bon revenons à nos moutons, dans cet épisode Arsène va tranquillement cambrioler avec l'aide de deux complices le manoir d'un riche député mais rien ne se passe comme prévu : un serviteur présent va déranger le plan, puis il découvre un curieux bouchon de cristal que tout le monde désire... Arsène sera bien seul, ses complices semblent en savoir plus que lui sur le bouchon, ses planques seront découvertes et il tombera sur un de ses adversaires les plus coriaces : Daubrecq le député.

Avis, attentions aux spoilers !
C'est au final certainement pas le premier Arsène qu'il faudrait lire, Arsène tombe de plus en plus bas vers la défaite tous azimuts. Tous ses plans seront mis à mal, il a perdu ses relations et sera presque démasqué. Le héros tombe dans un gouffre sans fin, presque pessimiste et défaitiste; il se relèvera bien entendu à la fin mais on ne découvre pas l'Arsène Lupin qu'on croit connaître, le cambrioleur rusé que rien ne pourrait arrêter; c'est donc une autre facette du cambrioleur que dépeint Maurice Leblanc. Il aurait fallu lire les autres livres mais je suis tombé sur celui-là à cause de sa gratuité !

3.5/5

dimanche 16 janvier 2011

La ferme des Animaux

Dans la ferme de Mr Jones il y a des animaux. Ils travaillent tous très durs pour Mr Jones sans recevoir de paiement de sa part. Certains de ces animaux sont intelligents, ce sont principalement les cochons. Un jour, un cochon au nom de Sage l'ancien, prédit la fin de la dictature de l'homme, il prédit le soulèvement des animaux contre l’oppression humaine. Il créa un hymne nationale : les bêtes d'Angleterre. Puis il mourut avant que son rêve ne se réalisa. Mais ses idées ont germé dans la tête de deux autres cochons, Napoléon et Boule de Neige qui plus tard réussit à évincer Mr Jones de sa propre ferme. A partir de là, la dictature laissa place à la joie, les animaux seront leur propre maître et la démocratie s'installa dans la ferme des animaux ... ou pas.

Roman de Georges Orwell publié en 1945, critiquant le régime bolchévique. S'autocensurant pour éviter la censure, car la Grande Bretagne était allié des russes pendant la seconde guerre mondiale.

"Tous les animaux sont égaux mais certains le sont plus que d'autres "
9/10

dimanche 14 novembre 2010

Chop Suey de Livres - Novembre 2010

Kafka sur le rivage d'Haruki Murakami

On suit l'aventure d'un garçon, Kafka, qui pour fuir la prophétie de son père et s'en va loin de chez lui. En même temps, Un vieil homme simple d'esprit, Nakata, entends aussi un appel qui va l'attirer hors du quartier de ville où il était prisonnier depuis plusieurs années. Aventures initiatiques pour les deux personnages, mêlant univers réel, onirique et fantasmes des protagonistes. Entre les chats qui parlent et le colonel à moitié proxénète, on navigue dans un monde surnaturel ancré dans un monde bien réel. Les passages du livre oscillent entre la poésie, l'onirisme, et le réel qui se mélangent savoureusement. Il y a aussi quelques moments crus qui vont marquer la vie de nos protagonistes.

Le livre est plaisant à lire, je trouve quelques longueurs à certains endroits. Je pense qu'une seconde lecture peut-être nécessaire pour tirer la richesse de l'auteur.

8/10

Le Maître du Haut Chateau de Philip K. Dick

Uchronie de la seconde guerre mondiale, Roosevelt est mort précocement permettant la victoire de l'Axe sur les Alliés. Les territoires conquis sont partagés entre le Japon et l'Allemagne. Les USA sont partagés en deux. La culture est aussi transmise aux vaincus. L'utilisation du yi-King, une sorte de système pour prédire l'avenir est devenue prépondérante dans la vie quotidienne. Les américains, souffrant d'un complexe d'infériorité, essaient de s'en sortir par l'utilisation de leur patrimoine culturel, vente d'objet d'arts (Comme l'Allemagne et le Japon qui s'en sont sortis par l'économie après leurs défaites respective). On voit aussi les prémices de la création par l'intermédiaire de Frank, qui viré de l'usine de fabrication de contrefaçons, va créer de nouveaux objets d'art. Les vainqueurs eux restent cantonnés à l'utilisation du yi-king, crainte de l'avenir, d'une nouvelle guerre froide (entre Japon et Allemagne cette fois-ci).

Rare livre de K dick, où la fin est resté pour moi énigmatique avant que je lise d'autres analyses sur internet. Mais la conclusion restera toujours la même, réalité ? ou invention de l'esprit ? Après avoir compris le livre, la dimension de celui-ci s'agrandit mais on a du mal à suivre la mise en abyme des idées de l'auteur.

7/10

samedi 7 novembre 2009

Madame Bovary


Madame Bovary de Gustave Flaubert, paru en 1857.

L'un des livres le plus connu de Gustave Flaubert avec l'éducation sentimentale.

En première, mon professeur de français ne cessait de vanter cette ouvrage, qu'il lui faisait toujours le même effet après plus de 20 relectures. J'ai eut du mal à trouver ce livre chez le libraire, confondant à chaque fois l'auteur par un autre. Au final je l'ai commandé par internet. Je tenais beaucoup à le lire parce que je désire connaître les classiques de l'époque mais surtout parce que ce livre me rappelait le Rouge et le Noir de Stendhal qui pour moi est l'un des summums des livres à pouvoir lacrymale que j'ai eut à lire.

Histoire : Emma Rouault vit une existence paisible chez son père, un riche fermier. Elle se nourrit de livres romantiques et de désirs d'évasions en espérant une existence riche en rebondissement. Lorsque que Mr Bovary arrive pour soigner la jambe de son père, elle se laisse séduire par le médecin récemment veuf. Lorsqu'ils emménagent ensemble, Madame Bovary s'ennuie de la vie paisible du médecin, elle espérait vivre des péripéties et la voilà à s'ennuyer dans la maison en attendant que le mari finisse son travail. Un jour, lorsqu'elle participa au bal organisé par un marquis, elle découvre un monde luxueux, toujours en mouvement, pleine de richesse à découvrir. Le retour à la réalité sera rude, elle gardera en souvenir un objet laissé tomber par le marquis comme souvenir, un désir inatteignable. Au retour du bal, elle souffre de dépression. Le couple déménage à Yonville et Madame Bovary parvient à trouver son existence, sa voie dans l'adultère.

L'histoire n'est pas très intéressante, on découvre tout de suite ce qu'il se passe et ce qu'il va probablement se passer. Quelques rebondissement ponctuent le scénario. Je pense qu'on ne lit pas Madame Bovary pour l'histoire d'un fait divers mais pour le style de l'auteur.

Dans un premier temps, ce qui est agréable, c'est de découvrir les lieux existants réellement qui sont décrits par Flaubert comme il existait à l'époque. Par contre, il faudra être Rouennais ou Normand pour pouvoir ressentir un léger plaisir à lire la description de quelques rue de Rouen comme la rue Eau de robec qui est l'une des plus pittoresques de cette ville. Contrairement à la description de Flaubert, le Robec, la rivière traversant la rue, est devenu souterraine remplacé par une mini rivière artificielle.

Flaubert est un des plus grands auteurs romanesques français. Ce qu'il y a de remarquable dans le livre, c'est que Flaubert arrive a retranscrire des scènes les plus banales qu'il soit et à les faire vivre et bouger plus vrai que la réalité, rien qu'avec la force des mots. "C'était la vie elle même apparue" a écrit Maupassant au sujet du livre. Il n'y ni jugements, ni orientation dramatiques dans le ton du livre, c'est le réalisme des mots qui va sortir du livre. La violence de cet affrontement est assez terrifiante, la scène où Mr Bovary rencontre Emma chez le père Raoult est assez édifiante, chaque geste provoque une tempête chez le lecteur, on est emporté par le mouvement des pieds d'Emma, de sa bouche et de son corps.

Au final, je n'ai pas accroché au fil de l'histoire, mais j'ai été subjugué par cet art.

samedi 15 août 2009

Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques



Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques (Blade Runner), de Philip K. Dick.
Tout le monde a du voir le film de Ridley Scott. Je suis plutôt du genre puriste, le livre en 1, et le film en deux voir en 36 ème position, mais là le livre arrive juste à égaler le film avec Harisson Ford, mais quel film ! Pour information, L'histoire raconte la traque, par un chasseur de primes, de dangereux androïdes qui ont échappé à tout contrôle.

Comme Issac Asimov en son temps, Dick joue sur la différence entre humains et robots. Qu'est ce qui fait de nous des humains ? Qu'est qui nous distingue des autres ? L'empathie est un des critères clés reconnus dans le monde de Blade Runner, le Test Voight-Kampff en est la quintessence permettant aux hommes de reconnaître ou mieux : de dissocier les robots de ses semblables par des réflexes incontrôlables qui est en réalité greffés par une éducation quasi fasciste. Pourtant le lecteur n'aura de cesse, par empathie littéraire, de s'apercevoir que les quelques androïdes qui ont fuit vers la terre sont plus "humains" que les humains hormis en comportement envers les animaux. Les humains utilisent des orgues d'humeur programmant leurs émotions pour la journée : le matin déprime, l'après-midi : envie de regarder la télévision même s'il n'y a rien de bien, le soir : soumission envers le mari pour le bien du couple. Ce sont quelques exemples de ce que la femme du héros programme sur son orgue d'humeur. Lorsque le chasseur de primes rencontrent quelques androïdes comme la mythique Rachel, on se rends compte que ces androïdes pétillent de vie, d'émotions, de pensées, de fraicheur. On jurerait qu'on entendrait leurs battements de cœur. La réalité n'est pas ce qu'elle est, les humains d'aujourd'hui ne vaudraient surement pas mieux de la description des humains faites dans ce livre.

Il manque au livre une description plus profonde des villes, de la vie, trop souvent piraté par les images du film qui ressortent par-ci par-là de la mémoire. Certains passages restent encore abscons, qu'est-ce que cette religion : la mercerie ? Qu'est ce que cette fusion ? L'auteur aime bien dans ses livres jouer avec la réalité et la fiction mais le développement de certains personnages me semblent bizarre, flirtant avec un côté irréaliste et illusoire, on reste sur sa faim jusqu'au bout, une seconde lecture pourrait aider à la compréhension.

Cependant, il y a beaucoup d'idées intéressantes non reprises dans le film comme les animaux électriques et leurs rapports avec l'homme(le titre origal étant Do Androids dream of electric sheep ?, d'ailleurs c'est une aberration totale de la part de l'éditeur d'avoir renommer le livre en Blade Runner à cause du succès du film), de la programmation des sensations,la mercerie, de l'exode vers Mars etc... La principale différence étant que la terre de Ridley Scott est remplie de monde alors que celui de Dick en est vidé.

Ce n'est pas le meilleur de K Dick (voir substance mort, Ubik)mais ce livre reste un classique des classiques de la SF.

8.5/10

jeudi 11 juin 2009

J.R.R. Tolkien Une biographie


Après la lecture du deuxième tome d'Anita Blake, j'entrepris d'acheter le suivant lorsque j'aperçois sur l'étagère, près des livres de Tolkien, sa biographie par Humphrey Carpenter. Encore un énième livre plus ou moins racoleur après le succès, mérité mais surestimé des films de Peter Jackson, me dis-je. En lisant la première page, Humphrey Carpenter, qui n'est pas un nom à consonnace contemporaine, a écrit cette biographie il y a 30 ans, avec celle d'Ezra pound plus tard ... Tiens encore lui, depuis que je l'ai vu pour la première fois sur l'affiche explicative du vorticisme au centre Pompidou, je le vois partout. Cela ne pouvait présageait que du bon pour cette biographie !


Dans un trou vivait un hobbit...
Si tout le monde connaît le seigneur des anneaux, par les livres, bien!, ou par les films, bah!, peu de monde connaît son auteur. Je n'ai jamais lu de biographie et je ne suis pas vraiment fan, comme Tolkien, de ce genre de littérature. Il vaut mieux lire les livres de l'auteur pour mieux le comprendre. Mais là, autant dire les choses clairement, cela fait longtemps qu'un livre ne m'a pas fait autant d'effet.. ce qui me rappelle certains de mes livres préférés dont LOTR et le Rouge et le Noir, lus il y a plus de 10 ans et dont le souvenir est encore très vif aujourd'hui.

Humphrey Carpenter, une biographie
La biographie raconte l'histoire de John Ronald Rueul Tolkien, de sa naissance à sa mort. L'histoire d'un philologue amoureux et inventeur de langues et des mythologies. L'histoire d'un professeur à Oxford qui a pour ami un autre très grand auteur C.S. Lewis. L'histoire d'un perfectionniste, peu méthodiste, brouillon et la plupart du temps grognon. L'histoire d'un auteur reconnu et admiré mais surtout l'histoire d'une personne d'une banalité étonnante et affligeante, qui contraste avec ces allures de vieil homme sympathique et rigolo, ma foi que je qualifierais de simple hobbit, il n'y a pas de meilleur adjectif.

La plume de Carpenter est plutôt remarquable, on rentre facilement dans le texte et dans la vie de Tolkien comme si on y était, comme si on avait vécu dans la même période, juste à côté. Il n'y a pas de notes bibliographiques qui cassent le rythme, il n'y a pas de justifications,et il n'y en a pas besoin si on a bien lu les livres.
On y apprend la jeunesse de Tolkien dans la campagne anglaise qui a des allures de campagne hobbit, son goût pour les langues et les mythologies. On observe sa carrière en tant que professeur et philologue et la difficile création de son oeuvre malgré les encouragements de CS Lewis (Narnia) et de son fils Carpenter. On termine par la solitude qui a ponctué tout la fin de sa vie avec sa femme edith.

Son oeuvre
On comprend mieux, pourquoi son fils, voit d'un mauvais oeil les films récents de Peter Jackson ainsi que celui en préparation : Bilbo le hobbit. Ils sont en procès contre New Line pour les droits de LOTR et tentent d'arrêter le tournage de Bilbo. Bien que je fus content qu'il y ait eut un film sur LOTR, n'en déplaise aux fans du film, je n'ai jamais pu penser que le film puisse rendre toute la magie du livre. Et au final, il manque tellement de choses (Les poèmes et chants, l'orthographe des noms, les jeux de mots, les descriptions de la nature, Tom !...) que Tolkien, de son vivant s'il avait vu le film, il aurait été aussi furieux que lorsque les imprimeurs ont changé l'orthographe ou oublié un "s" aux quelques noms qu'il a mis tant de temps à créer pour obtenir une cohérence philologique indéniable.
Son oeuvre n'est pas une "allégorie" du bien, du mal, de la seconde guerre mondiale mais un sous-création provenant d'une création de dieu, il s'agit d'un mythe qui doit être pris comme tel. Il nous en restera une "légende".

Subjectivement, 9.5/10

vendredi 10 avril 2009

Marcel Reich-Ranicki



Marcel Reich-Ranicki

Ma vie est un livre, de Diane von Wrede. Ce film est une biographie d'un éminent critique de la littérature allemande. De la même manière que le pianiste de Polanski, l'histoire est touchante, elle l'est d'autant plus lorsqu'on la confronte avec la réalité de l'homme, histoire dont on n'arrive pas à soupçonner sa véracité mais dont notre conscience n'arrête pas de nous faire rappeler que c'est bien une biographie.

Fils d'un père juif polonais et d'une mère juive allemande, Après quelques années en Pologne, Marcel Reich-Ranicki va étudier dans un lycée à Berlin, qui est le berceau de la culture, ne cesse de répéter sa mère. Il découvre la littérature allemande pendant qu'Hitler prit le pouvoir. Il est renvoyé en Pologne et confiné dans le ghetto de Varsovie avec toute sa famille. Il réussit à s'enfuir du ghetto pour se réfugier chez des paysans qui abritent lui et sa femme jusqu'à sa libération par les communistes. Il fit un tour chez les services secrets Polonais pour finir critique de littérature allemande en Allemagne


Devenu critique littéraire, Marcel Reich-Ranicki enchaîne les prix et les honneurs. Plutôt virulent et tranchés dans ses propos, il entrainera des ennemis auteurs ou non qui le porta jusqu'à ce qu'il est devenu aujourd'hui.

lundi 23 février 2009

Histoire du Futur

Nouvelles de Robert A. Heinlein (Big boss de la S.F. au même titre qu'aasimov et cie)

Histoire du Futur décrit la terre dans le futur de 1950 jusqu'en 2600. Les nouvelles peuvent être courtes ou très longues. La particularité est qu'elles se suivent par des ellipses narratives de durée variable entraînant le lecteur de la simple route à la conquête et la colonisation de l'espace.

Histoire du Futur I

Ligne de Vie
Le docteur pinero invente la machine permettant de connaître la date de la mort d'un individu, les membres de l'académie des sciences sont sceptiques et le prennent pour un charlatan.

Les routes doivent rouler
Les routes du futur, sorte de tapis roulant à très grande vitesse, permettent de desservir toutes les villes,et assurent le transport de millions de passagers. Un moindre arrêt bloquerait toute une région. Les ingénieurs commandent, les techniciens effectuent et ce jusqu'au jour où ces derniers aspirent à sortir de la route.

Il arrive que ça saute
Dans une centrale nucléaire à haut risque, des psys surveillent le personnel ainsi eux-mêmes, dans le but de détecter tout début de déviation mentale afin de diminuer les risques d'accident nucléaire. Un jour le super-intendant excédé par le nombre de personnes qu'il doit mettre en arrêt de travail engage un psy renommé.

L'homme qui vendit la lune
Un riche homme d'affaires décide de construire une fusée pour aller sur la lune, suite aux déboires de la centrale nucléaire, il doit récolter des fonds pour financer son projet.

Dalila et l'homme de l'espace
L'intendant d'une station spatiale reçoit GB Mcnye, un ingénieur électricien. Il apprend que c'est une femme, qui va se retrouver en être la seule à bord. Ayant peur pour ses hommes, il décide de la virer.

Premier livre de l'histoire du futur, les 3 premières nouvelles sont sans surprises, je n'ai pas trop compris la fin de certaines. Dans ligne de vie, on observe un scientifique qui commence par bouleverser le monde qui n'arrive pas à s'adapter. D'une part par gens de science, puis par le capitalisme mondial. Dans les routes doivent rouler, on apprends que demain sera constitué de mégalopoles, d'énormes routes qui roulent, de voitures se mouvant à des vitesses faramineuses mais aussi à des techniciens qui rêvent de fonctionnalisme, désirant que la position sociale correspond au degré d'importance de leur métier.
Ensuite vient Il arrive que ça saute, au début du récit on y voit une psychose paranoïaque des employés de la centrale, dommage que l'auteur n'a pas suivit cette piste car la nouvelle dévie vers des explications un peu foireuses qui amène un peu à n'importe quoi. C'est la moins bonne nouvelle.
L'homme qui vendit la lune, est quand à lui extraordinaire, on y voit un capitalisme débridé, prêt à tout pour l'argent, incarné par Harriman, un entrepreneur aux idées extravagantes mais visionnaire. D'une folie enfantine oubliant complètement le capitalisme, il va permettre à l'humanité de réaliser ce que les américains ont réalisé des années plus tard, et de rêver ce qu'on a jamais fait : coloniser la lune. Cette nouvelle est une des meilleures et franchement incroyable dans sa structure et ses images.

Au final, les trois premières nouvelles ne sont pas très digestes mais elles posent les bases de notre terre au bord du futur. La narration de l'auteur est synthétique et classique. Il n'utilise ni tensions, suspense ni cliffhanger mais on reste agréablement surpris qu'on aime à le lire et à suivre les nouvelles. L'humour parsemé de-ci de-là égaye un peu le récit. Mais le plus convaincant reste une intemporalité du récit qui nous fait rentrer dans un monde pas si éloigné du notre...

7/10
Parmi les 5 nouvelles, une sort très loin du lot mais certaines ne sont pas très gais. Mais les idées émises sont largement suffisante pour que je m'intéresse à la suite.

lundi 2 février 2009

Mémoire d'éléphant


Mémoire d'éléphant de António Lobo Antunes

Premier livre d'un écrivain portugais.
Roman plutôt autobiographique racontant la vie d'un psychiatre qui perd ses repères dans la société portugaise après la séparation avec sa femme.

Son écriture est très riche, forte en images, bredouillant de détails et rempli de vocabulaire. C'est assez magnifique une telle complexité, d'arrangements lexicales qui apparaissent ici et là. On regrette qu'au début, ce style devient un peu lourd et qu'à la fin il s'efface mais c'est foisonnant, vivant très créatif.

"Sous la peau de sa nuque, les cordes de Nylon des tendons s'étiraient d'effort et le médecin pensa que c'était Fellini avait soudainement envahi un de ces beaux drames paralysés de Tchekhov dans lequel des mouettes aériennes dépérissent de chagrin contenu derrière la petite flamme vacillante d'un sourire, et, en outre, derrière la porte fermée, les aides-soignantes devaient commencer à être agitées d'obligeantes inquiétudes, l'imaginant pendu à l'élastique noir d'une jarretière."


L'histoire n'a rien d'extraordinaire ou de palpitant, on prends juste plaisir à lire l'auteur.
8/10

vendredi 9 janvier 2009

Fahrenheit 451


De Ray Bradbury

"Quand est-ce que tout ça a commencé,[...], ce que vous m'avez demandez, ce boulot qu'on fait, comment c'est venu, où, quand ? [...]

Le fait est que nous n'avons pris de l'importance qu'avec l'apparition de la photographie. Puis du cinéma, au début du vingtième siècle. Radio. Télévision. On a commencé à avoir là des phénomènes de masse. [...]
Et parce que c'étaient des phénomènes de masse, ils se sont simplifiés, poursuivit Beatty. [...]
Imaginez le tableau. L'homme du dix-neuvième siècle avec ses chevaux, ses chiens, ses charettes : un film au ralenti. Puis, au vingtième siècle, on passe en accéléré. Livres racourcis. Condensés, Digests. Abrégés. Tout est réduit au gag, à la chute.
- La chute, approuva Mildred.
- Les classiques ramenés à des émissions de radio d'un quart d'heure , puis coupés de nouveau pour tenir en un compte rendu de deux minutes, avant de finir en un résumé de dictionnaire de dix à douze lignes. [...]

Accélerez-encore le film [...] Condensés de condensés.Condensés de condensés de condensés. La politique ? Une colonne, deux phrases, un gros titre ! Et tout se volatilise ! La tête finit par vous tourner à un tel rythme sous le matraquage des éditeurs, diffuseurs, présentateurs, que la force centrifuge fait s'envoler toute pensée inutile, donc toute perte de temps ! [...]

La scolarité est écourtée, la discipline se relâche, la philosophie, l'histoire, les langues sont abandonnées, l'anglais et l'orthographe sont de plus en plus négligés, et finalement presque ignorés. On vit dans l'immédiat, seul le travail compte, le plaisir c'est pour après. Pourquoi apprendre quoi que ce soit quand il suffit d'appuyer sur des boutons, de faire fonctionner des commutateurs de serrer des vis et des écrous ?[...]

D'avantage de sports pour chacun, esprit d'équipe, tout ça dans la bonne hmleur, et on n'a plus besoin de penser , non ? Organisez et organisez et super organisez de super-super-super sports. Encore plus de dessins humoristiques. Plus d'images. L'esprit absorbe de moins en moins. Impatience. Autoroutes débordantes de foules qui vont quelque part, on ne sait où, nulle part. L'exode au volant. Les villes se transforment en motels, les gens en marées de nomades commandées par la lune, couchant ce soir dans la chambre où vous dormiez à midi et moi la veille.[...]

Le système scolaire produisant de plus en plus de coureurs, sauteurs, pilotes de course, bricoleurs, escamoteurs, aviateurs, nageurs, au lieu de chercheurs, de critiques, de savants de créateurs, le mot "intellectuel" est , bien entendu, devenu l'injure qu'il méritait d'être. On a toujours peur de l'inconnu.[..]

Il faut que vous compreniez que notre civilisation est si vaste que nous ne pouvons nous permettre d'inquiéter et de déranger nos minorités. Posez-vous la question : Qu'est ce que nous désirons par-dessus tout dans ce pays ? Ne veillons -nous pas à ce qu'ils soient toujours en mouvement, à ce qu'ils aient des distractions ? Nous ne vivons que pour ça, non ? Pour le plaisir, l'excitation ? Et bous devez admettre que notre culture nous fournit tout ça à foison.[...]

Si vous ne voulez pas qu'un homme se rende malheureux avec la politique, n'allez pas lui casser la tête en lui proposant deux points de vue sur une question; proposez-lui- en un seul. Mieux encore, ne lui en proposez aucun. Qu'il oublie jusqu'à l'existence de la guerre. Si le gouvernement est inefficace, pesant, gourmand en matière d'impôt, cela vaut mieux que d'embêter les gens avec ça. La paix, Montag. Proposez des concours où l'on gagne en se souvenant des paroles de quelque chanson populaire, du nom de la capitale de tel ou tel État ou de la quantité de maïs récoltée dans l'Iowa l'année précédente. Bourrez les gens de données incombustibles, gorgez-les de "faits", qu'ils se sentent gavés, mais absolument "brillants" côté information. Ils auront l'impression de penser, ils auront le sentiment du mouvement tout en faisant du sur-place. Et ils seront heureux parce que de tels faits ne changent pas. Ne les engagez pas sur des terrains glissants comme la philosophie ou la sociologie pour relier les choses entre elles. Tout homme capable de démonter un télécran mural et de le remonter , et la plupart des hommes en sont aujourd'hui capables, est plus heureux que celui qui essaie de jouer de la règle de calcul, de mesurer, de mettre l'univers en équations, ce qui peut se faire sans que l'homme se sente solitaire et ravalé au rang de la bête.

Je le sais, j'ai essayé. Au diable, tout ça. Alors place aux clubs et aux soirées entre amis, aux acrobates et aux prestidigitateurs, aux casse cou [...] , à tout ce qui ne suppose que des réflexes automatiques.[...] Tout ce que je réclame, c'est de la distraction.


écrit en 1953 ...

9.5/10, a sa place avec 1984 de Georges Orwell.

dimanche 4 janvier 2009

Jonathan Strange & Mr Norrell




Livre de Susanna Clarke, ce livre a gagné le prestigieux Prix Hugo récompensant les meilleurs livres de science-fiction chaque année.

L'histoire tient place dans l'Angleterre pendant les guerres napoléoniennes peu avant le règne de la reine Victoria Ier. Un magicien praticien du nom de Mr Norrell va offrir ses services à l'Angleterre, et va permettre de reprendre l’avantage dans la guerre opposant à Napoléon. Mr Norrell fera aussi la connaissance d’un jeune magicien talentueux : Jonathan Strange en qui il va faire son disciple, jusqu'à que celui-ci décida d’étudier le savoir du Roi corbeau, un des fondateurs de la magie Anglaise dont Mr Norrell essaie de le faire disparaitre de la mémoire des hommes.

Le style de l’auteur est particulièrement plaisant et bien écrit, les protagonistes évoluent dans un univers très British où la bienséance, l’honneur, l’éducation gentlemaniesque très victorienne et la parole sont très ancrés chez les personnages (ce sont des bourgeois principalement qui vivent de rente). On s’amuse à voir les conflits très polis ou les formules de politesse presque romantique.

En profondeur : l’Angleterre s’embourbe dans la guerre contre Napoléon. Pendant ce temps, des gentilshommes, magiciens théoriciens, étudient la magie sans la pratiquer dans divers cercles de magiciens localisés dans diverses contrées comme dans le Yorkshire, un jour un nouveau magicien, Mr John Segundus, entre dans le cercle fermé des magiciens théoriciens de York et pose la question suivante :pourquoi la magie Anglaise a-t-elle disparu. Excédé par la question, le président de la confrérie, le Dr Foxcastle, répond que là n’était pas la bonne question, qu’un magicien est là pour étudier la magie créée par les aïeux comme les astronomes étudient les étoiles et n’interagissent pas avec les éléments cosmiques. Peu après John Segundus et son ami Mr Honeyfoot découvre l’existence d’un magicien non pas théoricien mais praticien possédant une très grande bibliothèque de livres DE magie (et non pas SUR la magie). Mr Norrell, magicien praticien un peu misanthrope et totalement reclus, va passer de l’ombre à la lumière. Après un exploit de magie à la cathédrale de York, il va aller à Londres pour pouvoir offrir ses services afin de faire renaître la magie Anglaise.

Les trois cent premières pages montrent l’arrivée en gros de Norrell à Londres, puis vient le tour de Jonathan Strange sur 400 autres pages jusqu’au clash entre les deux magicien qu'on attend depuis la première page 1 puisque c'est écrit derrière le bouquin. L’intrigue commence vers la page 800… Vous avez compris, malgré une écriture dans un style assez particulière possédant un charme indéniable, le roman s’étale, s’étale interminablement. On a des discussions quasi sans intérêt qui remplissent, des notes (écrites par l’auteur) qui au départ était intéressante, pour comprendre l’univers particulier, deviennent de plus en plus rédhibitoires (écrite en police 5 s’étalant sur des pages et des pages). Vers les deux tiers du bouquin, on n’a pas avancé d’un poil, et on se demande quand va réellement commencé le livre.

L’univers décrit était bien, dommage que l’auteur s’est étalé. Il y a eut beaucoup de buzz autour du livre pour rien, j’en suis l’un des premiers déçu. Les personnages super détaillés deviennent imbuvables au final, à la page 800 on attend toujours le méga retournement de situation de la mort qui tue sa maman et on l’attend toujours à la page 1100. On a comparé Susanna Clarke à la nouvelle J.K. Rowling, Time Magazine écrit que son œuvre rivalise avec celle de Tolkien, Neil Gaman, un grand monsieur de la fantasy qui a écrit Stardust entre autres (film que je vais décrire plus tard) a dit que ce livre surpassait tout ce qui a été écrit depuis 60 ans, donc exit Tolkien et cie, à la page 1144 du livre je n'ai toujours pas compris leurs enthousiasmes, j’ai fait ouf, c’était palpitant dans les 100 dernières pages mais heureusement que c’est fini. Tout ça pour ça…

5/10

mardi 10 juillet 2007

Ubik

Ubik de Philippe K. Dick.

Nombre de pages lues en mode Diesel.
y a 3 semaines: 3
2 semaines: 2
2 jours: 5
Hier: 75
Aujourd'hui: 200

Livre incroyable qui finira dans ma collec' phare avec les 1984 de George Orwell, les fondation d'Isaac Asimov , les Tolkien etc...

Dans un monde futur où règne les pouvoirs pyschiques et anti-psychiques, un groupe de neutraliseurs, d'antipouvoirs est réuni pour participer à une mission dangereuse mais bien payée. L'auteur jongle entre réalité et univers fictive, et comme le dit si bien le texte pour accrocher le lecteur au dos du livre : "Tous les thèmes de la S-F. semblent s'y être donné rendez-vous ...".

Un seul point qui m'a fait sursauter : "les ions positifs = pléonasme" ? Ah bon ? ça existe pô les négatifs ?